La chanteuse a lancé en janvier dernier la Mama pour l’assurance maladie. –
«Il s’agit de cesser d’être les mendiants des obsèques. C’est-à-dire, aller toujours mendier pour assurer des obsèques dignes aux collègues artistes décédés. Il faut que nous nous prenions déjà en main», lance Rachel Tchoungui. Pour répondre à la détresse des artistes, plusieurs réponses ont été envisagées. Notamment la garantie des soins médicaux. «Nous avons commencé à négocier la souscription globale d’une assurance maladie avec une carte de soins à la clé, qui donnera droit à une prise en charge immédiate dans tous les hôpitaux agréés», explique l’initiatrice, qui a déjà réussi à convaincre 180 personnes, parmi les artistes.
Notamment une assurance accidents, une assurance décès, ainsi que l’assistance matérielle et morale, la promotion de la professionnalisation des artistes, celle de la solidarité et de l’entraide entre artistes ainsi que la promotion de la production musicale. «Comment imaginer que les Camerounais doivent crever la dalle pour que les artistes vivent ? L’utopie d’une giga structure de production permettrait sincèrement de rendre cette épine dans nos pieds moins douloureuse. Ce serait une contribution efficace à la lutte contre la contrefaçon», pense Rachel Tchoungui. Elle précise que les sociétés de droits d’auteur n’ont pas une mission sociale. «Collecter et répartir nos droits sont leurs missions», souligne-t-elle. Elle appelle ses confrères à se mettre ensemble.
La Mama veut même passer à une étape supérieure : revendiquer un statut de l’artiste et non celui «d’amuseur public». Ce, à travers un plan retraite. Car, «comment certains de ces apporteurs de joie peuvent-ils mourir dans la misère la plus noire ? Mourir simplement de faim ? Ne pas pouvoir soigner leurs enfants malades ?», se plaint-elle. Mais, entre ambitions de meilleurs lendemains pour les artistes camerounais et les récriminations, la Mama semble vouloir tout, lorsqu’on parcourt sa «profession de foi». «Nous pouvons mobiliser assez rapidement des moyens financiers à travers des opérations spéciales».
Justin Blaise Akono
