L’un des lauréats du prix Découvertes Rfi en profite pour faire découvrir sa fille. –
L’on a connu et mimé «La fille du Lycée», «Ça me fera souffrir», etc. L’on a même commencé à ouvrir «Où va l’Afrique ?» qui lui permet de décrocher le prix Découvertes Rfi (radio France internationale) en 1982. Ottou Marcellin (puisqu’il préfère signer ainsi) n’a pas fait dans la dentelle pour se rappeler qu’il y a (plus) de trente ans : un coffret constitué de trois compacts disques (Cd), aux couleurs nationales pour un total de 43 chansons qu’il offre aux mélomanes. Les nostalgiques reconnaîtraient facilement les chansons éditées depuis plusieurs années et qui ont sûrement rendu populaire ce chanteur à textes que l’on aperçoit dans les rues de la capitale avec sa guitare sèche, blue-Jeans et baskets.
«Où va l’Afrique», sans être la première chanson du premier Cd, donne le ton de la ballade qu’imprime le chanteur, souvent comparé à Brassens. La version n’est ni originale, ni récente. Elle date de 1997, lorsqu’il introduit le clavier tenu par Victorien Essono. Et comment ne pas s’arrêter un instant pour écouter cette chanson de 1997, «Ngon Fulasi» dans laquelle Ottou Marcellin parle de sa Française, de la lettre que sa mère lui a écrite lorsqu’il était encore emporté par l’amour «au pays des Blancs». Encore des fouilles dans les 43 chansons pour retrouver des œuvres du passé.
Car, le coffret offre en majorité de nouvelles chansons mixées au studio Makassi à Douala, sous le contrôle de Talla Jeannot. «Ma folo mon», une berceuse bien connue des peuples de la forêt et déjà interprétée par K.Tino, est tout un symbole. Puisque Ottou Marcellin met quasiment le pied de sa fille à l’étrier. C’est d’ailleurs elle, Frédérique Ottou, qui signe la première chanson : «Chère maman». Une autre lettre que la jeune chanteuse envoie à sa maman. Différente de celle que le héros de son père, enfant combattant, envoie à la sienne, en lettres de sang. Mais, celle de Frédérique que l’on a aperçue dans un vidéogramme avec son père promet le paradis à sa mère.
Lequel père navigue bien entre les textes en français, anglais et Ewondo, pour aborder des sujets existentiels tels cette prière «Je vous salue Marie», qui n’a rien à voir avec la prière classique. Ottou Marcellin n’a pas échappé au virus des éloges. Puisqu’il rend hommage à l’organisation non gouvernementale Synergies africaines, ou à la mère de la première dame, «Ngon Yebekanga» Rosette Mama. L’éloge qui ne souffre d’aucune contestation est bien cet hymne à l’honneur des Lions indomptables, à la veille de la coupe du monde 2010 en terre africaine. «Abog Engbwem» ou la danse du lion. Appuyé par Ange Ebogo Emerent, Ottou, Atebass et Pedro du Cameroun, Ottou Marcellin revisite les grands moments de l’histoire des Lions indomptables. Ottou Marcellin a donné une couleur vive à ses trente ans de musique avec de nouvelles créations autour d’une chanson générique : «Nkol Ngié».
Justin Blaise Akono
