Ils ont présenté samedi dernier à Douala leurs œuvres après un mois d’apprentissage artistique. –
La petite Sandrine Tchouatchui Tsoupa a ému le public de la Maison des jeunes et des cultures (Mjc) de Bonamoussadi, samedi 31 juillet dernier. A 6 ans, Sandrine récite sans trou de mémoire, 20 dates qui ont marqué l’histoire du Cameroun. Sa culture va de la découverte par Fernando Pô de la «rivière des crevettes» en 1772, jusqu’à la démission du président Ahmadou Ahidjo en 1982. Ce tremplin dans l’histoire de son pays, la jeune fille le doit à son encadreur, Auguste Mballa. Ce dernier fait partie des 25 animateurs culturels mobilisés du 21 juin au 30 juillet dernier par la chaîne de Mjc pour former de jeunes élèves de 3 à 16 ans. Après la remise des bulletins dans leurs établissements scolaires respectifs, 220 enfants ont en effet rejoint les planches ou les ateliers de la Mjc pour acquérir les rudiments de la danse, musique, peinture, du théâtre et de l’informatique. La visite des sites touristiques de la ville de Douala faisait également partie des activités à mener.
Samedi dernier, les jeunes apprenants des Mjc des quartiers New Bell et Bonamoussadi ont présenté le fruit de leur stage artistique devant leurs parents et invités. Les applaudissements du public ont ponctué le spectacle de clôture de la 14ème édition du programme «spéciales vacances». Les danseurs en herbe ont dansé aux rythmes d’ici et d’ailleurs. Les notes Makossa, Salsa, Essewé étaient ainsi au menu de la danse, qui a cédé le pas à la peinture. Les parents ont pu admirer les toiles de leurs rejetons. Cette édition 2010 était par ailleurs inscrite sous le thème d’«ensemble, assumons nos responsabilités pour un monde meilleur». La chaîne des Mjc a été fondée en février 1994 sous l’initiative du cardinal Christian Tumi, archevêque émérite de Douala. «Ce dernier constate alors que les structures d’encadrement des jeunes fait défaut à Douala», rappelle Didier Nyoumi, coordonnateur des Mjc. Ainsi naît quatre rendez-vous des Mjc respectivement dans les quartiers Akwa, New bell, Deido et Bonamoussadi.
«Je me bats à faire comprendre aux parents que le meilleur investissement qu’ils puissent faire est de tout mettre en œuvre pour la formation de leur enfant», déclare-t-il. «Et cette formation qui ne se limite pas qu’à l’école, mais qui s’étend sur le culturel et le spirituel. Les Mjc permettent des échanges et des rencontres avec d’autres enfants», rajoute M. Nyoumi.
Monique Ngo Mayag
