La directrice du Cfpa d’Ekounou parle de la problématique de la didactique de son établissement à la faveur du séminaire de la semaine dernière à Yaoundé. –
Du 27 au 29 juillet dernier vous avez organisez un séminaire sur le renforcement des capacités des formateurs du Cfpa. Pourquoi cette formation?
La formation était nécessaire parce qu’il faut adapter les enseignements du Cfpa (Centre de formation professionnel de l’audiovisuelle) aux nouvelles techniques de formation dans les métiers et dans les professions. Être cameraman c’est un métier, ce n’est pas de la théorie. Il y a donc une manière d’enseigner pour l’enseignement général comme on dit chez nous, et une manière d’enseigner pour les professions et les métiers .C’est à cette école de métiers que la formation aux métiers que nous nous sommes inscrit auprès du ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle .Ils appellent cela l’approche par compétence.
C’est-à-dire…
Qu’il faut définir premièrement l’ensemble de compétences que doit présenter un professionnel avant d’entamer sa formation .On ne va pas faire des contenus en disant qu’on va enseigner le français, l’anglais et les mathématiques pour former un caméraman .Mais on va dire pour que se soit un bon cameraman, il faut qu’il sache viser; donc qu’il tienne bien droit sa camera….Qu’il ai tel ou tel autre habileté, aptitude ou compétence. Donc c’est de définir ces compétences premièrement avant même d’entamer le processus de la formation .Maintenant on va inverser la manière de faire .A partir de la formation prochaine tout sera remis à plat au Cfpa.
Pourquoi aviez-vous mis l’accent sur l’approche par compétences?
C’est celle là qui est en vigueur à travers le monde .Les canadiens l’expérimente depuis maintenant une dizaine d’années, parce qu’elle montre son efficacité dans les résultats obtenus par rapport aux professionnels dans l’exercice de leur métier. Quand on est professionnel il faut être efficace, productif dans son métier à soi, non pas de connaître le monde entier comment il tourne alors qu’on vous demande simplement d’être un bon monteur. On peut connaître toute la géographie, toute l’histoire du monde mais ce n’est pas ça l’essentiel. L’essentiel, si on est un bon réalisateur c’est de savoir écrire de belles histoires et de les mettre en son et en image. C’est ça le problème.
Est-ce à dire que certaines matières enseignées vont subir une perturbation sur l’évolution du programme?
L’ensemble des programmes de formation de la prochaine rentrée sera révisé. Les contenus de formation seront totalement changés à partir de ce séminaire et d’autres qui vont suivre. Nous allons réécrire totalement les contenus de chaque formation conformément à cette approche nouvelle par compétences.
Qu’en est-il de ceux qui ont déjà eu des enseignements sur l’ancienne approche?
Ce sont des diplômes valables, valides qui aujourd’hui font leurs preuves à la Crtv à Canal 2 à Stv et ailleurs .Se sont des diplômes qui sont des bons diplômes, se sont des professionnels qui sont des bons professionnels mais on entend aller de l’avant et faire mieux. Et c’est ce mieux là qui s’appelle aujourd’hui sortir de l’approche par objectifs pour entrer dans l’approche par compétentes. Et pour ce qui est du passé il reste tout à fait assumé par le Cfpa ; mais il faut avancer, il faut évoluer et s’il y a des recyclages donc cela auraient, ont pourrait leur recevoir effectivement en séminaire de recyclage pour que nous regardions tous : anciens diplômés et nouveaux diplômés dans la même direction.
La Crtv continuant à former ses formateurs, pensez –vous à cet effet former ceux venant de l’extérieur?
Déjà dans les formations classiques nous avons beaucoup de professionnels qui ont été formés au Cfpa aujourd’hui. Je dis formation classique de 2 années. Il y a Canal 2 (des anciens du Cfpa/Crtv), Stv, il y a certainement à Samba, et à Siantou quelques ancien du Cfpa. Nous formons tous les professionnels qui le demandent ici à Ekounou. Ce ne sont pas seulement ceux de la Crtv .On a 200 apprenants en cours de formation pour les 2 années en cours au Cfpa .Parmi ces 200, nous nous avons 51 gabonais, 41 personnels Crtv. Tous les autres vont demander des emplois dans les autres chaînes de radio et de télévision qui existent. Ils iront enrichir le paysage audiovisuel mais dans la concurrence par rapport à la Crtv. Nous formons la concurrence, et c’est la vérité.
Après 25 ans de télévision au Cameroun, attendez-vous encore 15 ans comme nous l’avons suivi pour organiser un séminaire du genre?
Celui-ci est le 1er d’une série de séminaires pour assimiler cette approche par compétences pour refondre nos contenus. C’est vrai qu’il a fallu du temps pour réviser ces contenus .Je crois que la nécessité ne se faisait pas sentir avec acuité comme aujourd’hui, les méthodes changent énormément. Nous avons des partenaires comme le ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle qui nous demande de suivre ces évolutions, et nous pensons que le moment était venu pour entamer ces séries de séminaires et d’ateliers pour la réécriture des contenus.
Propos recueillis par Guy Hyacinthe Owona (Stagiaire)
