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Moise Bangtéké : Le vote du public ne garantit pas l’objectivité

by mboasawa
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Promoteur du concours «Miss Mama kilo», il esquisse les lignes qui fondent un jury crédible. –

 

A votre avis, un jury d’un concours doit-il forcément être constitué de professionnels du secteur en compétition ?
Le jury diversifié est très intéressant. Lorsqu’il est constitué de professionnels, on risque d’être un peu trop objectif, ce qui enlève quelque chose à la fascination du jeu. Toutefois, un jury diversifié n’est pas un ramassis de personnes inconnues, mais des personnalités de très bonne moralité, qui ont un jugement très objectif sur tous les secteurs qu’on associe aux professionnels

Est-ce que la diversification d’un jury n’empiète-t-il pas sur le verdict?
Je pense qu’il faut toujours mettre une priorité sur les professionnels du secteur tout en intégrant des hommes de culture, des observateurs et des membres de la société civile. Dans un concours de beauté par exemple, il est très souvent difficile de trancher les débats si les organisateurs se laissent influencer par une image de la personne qu’on veut solliciter en face. Il faut également préciser qu’on peut être du comité d’organisation d’un évènement sans faire parti du jury, comme c’est le cas quelque fois. Pour le cas de Miss «maman Kilo», on fait appel aux hommes des médias, des juristes de renom qui observent la société et des femmes stylistes modélistes qui confectionnent les vêtements pour ces femmes de fortes corpulences. On obtient ainsi un jury emprunt d’homogénéité, ce qui permet d’équilibrer toutes les sensibilités.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que les promoteurs d’évènements composent leur jury en fonction de leurs intérêts ?
Vous savez il y’a des brebis galeuses partout, on ne peut pas prendre le négatif pour exemple Il y’en a qui organisent des compétitions avec le cœur, la passion, ou l’amour, et d’autres qui le font avec des intérêts mercantilistes. Et à ce moment là, le jeu est faussé. Et je ne préfère pas m’attarder sur ce genre de dérapages. Nous ne pouvons prétendre détenir le monopole du savoir. Mais nous essayons de tendre vers la perfection en restant objectif, dans nos choix.

Quelle doit être la posture d’un promoteur d’évènement lorsque le public et le jury ne sont pas en phase?
Si en observant le travail du jury, le comité d’organisation constate qu’il n’y a pas eu de parti pris mais une harmonisation des points de vue, à ce moment, on ne peut qu’expliquer les contours de ce choix au public. Parce que le public fonctionne généralement avec l’éclat du jour, en oubliant ce qui régit la compétition, dans le cas des concours de beauté par exemple.
Le public ne peut pas détenir le verdict définitif. Il y a des compétitions où le public compte. C’est le cas des concours qui intègre l’applaudimètre. Mais lorsqu’on atteint un certain niveau de la compétition, les candidats se valent. L’applaudimètre ne peut donc pas être l’élément essentiel pour départager les candidats. Il suffirait ainsi pour quelqu’un qui a une grande famille ou des moyens financiers pour s’acheter des voix et se garantir de fortes acclamations. Par ailleurs, le «voting» est une politique commerciale qui ne peut avoir aucune objectivité. Il peut néanmoins compter en cas d’égalité.

Propos recueillis par M.N.M

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