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Les exigences de la diaspora

by mboasawa
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Après la fausse note de départ, le 1er forum économique et commercial avec la diaspora camerounaise, Forecdia-2010, s’est achevé samedi dernier au palais des congrès de Yaoundé, par une déclaration, appelant les autorités… –

« Ouf ! Plus de peur que de mal », souffle l’un des participants à ce forum. Malgré la clôture de la phase protocolaire de la cérémonie de lancement de cette rencontre, la toute première du genre en terre camerounaise, il reste assis sur son siège et exprime son soulagement, dans une sorte de monologue, alors que la salle se vide. C’est que, prévu le 11 août 2010, c’est deux jours plus tard que le 1er forum économique et commercial avec la diaspora camerounaise, Forecdia-2010 s’est enfin tenu. Ce, à cause des querelles de leadership au sein du sérail, comme nous l’évoquions déjà dans l’une de nos précédentes éditions. Et, finalement, malgré la forte présence des membres du gouvernement, lors de l’ouverture officielle, le 13 août 2010, au palais des congrès de Yaoundé, des absences, sans explications formelles ont été enregistrées. C’est le cas du délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna, qui devait souhaiter la bienvenue aux participants dès l’entame de la cérémonie. Il a opté pour la chaise vide. Tandis que le ministre des Relations extérieures, Henri Eyebé Ayissi a laissé le ministre délégué, chargé des Relations avec le monde islamique, Adoum Gargoum, occuper sa place. Le Premier ministre, Yang Philémon, lui, a préféré se faire représenter par le vice-Premier ministre, ministre de l’Agriculture et du développement rural, Jean Nkuété. Un bouleversement subit dans le dispositif protocolaire, qui a laissé planer un vent de boycott au sommet de ce rendez-vous pourtant taxé de haute importance par le gouvernement, organisateur de ces assises placées sous le « très haut patronage » du président de la République, Paul Biya.

Diasporas de progrès 

Mais, en dépit de ces grosses absences qui ne sont pas passées inaperçues, Luc Magloire Mbarga Atangana n’a pas boudé son plaisir lorsque l’occasion lui a enfin été donnée de partager son rêve avec quelque 300 participants qu’a réunis Forecdia-2010, dont il est le coordonnateur. C’est avec toute son énergie qu’il a martelé sa volonté de « faire participer sereinement la diaspora au développement de notre pays ». Surtout que, rappelle-t-il, la démarche dans laquelle s’engage la Cameroun n’est pas nouvelle. Il cite en exemples l’Inde, la Chine, le Sénégal, le Mali ou le Mexique qui ont mis en œuvre des politiques visant à amener leurs citoyens travaillant à l’étranger à contribuer au développement de leurs pays d’origine. « Grâce à leur effort à l’économie de leurs pays, ces diasporas s’affirment comme des diasporas de progrès », souligne Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministre du Commerce. Il soutient qu’au niveau de son département ministériel, l’on est déterminé « à assurer le service après-vente et à conquérir des marchés de niche, en parfaite intelligence » avec la diaspora camerounaise. Pour sa part, Jean Nkuété, s’exprimant en lieu et place du Premier ministre, reconnaît que « les Camerounais de l’étranger expriment le désir d’investir au Cameroun. Ils s’intéressent aux programmes immobiliers et souhaitent attirer des investisseurs étrangers et créer des joint-ventures. Ils s’impliquent déjà dans la vie associative dans leurs pays de résidence et entendent faire bénéficier le Cameroun des retombées positives de la coopération décentralisée avec les pays amis. » D’où sa proposition d’un « partenariat gagnant-gagnant » avec cette diaspora. De leur côté, ces Camerounais de l’étranger pensent que ce forum devrait être le point de départ pour la mise en place d’une plate-forme de concertation entre les pouvoirs publics, le secteur privé et la diaspora.

Recenser les projets

Dans une déclaration dite de Yaoundé, les participants au Forecdia-2010 exhortent les pouvoirs publics, entre autres : à accélérer la procédure de ratification de l’Organisation internationale des migrations (Oim) ; à intensifier le processus d’amélioration de l’environnement des affaires en vue d’attirer les investisseurs camerounais de la diaspora et leurs partenaires ; à mettre en place les mécanismes permettant une meilleure canalisation de l’épargne de la diaspora qui « peut constituer un substitut efficace à l’aide publique au développement, surtout en ce moment où sévit fortement la crise financière ». Ils exigent aussi la mise en place et le développement, « dans les délais raisonnables », d’un fonds d’investissement de la diaspora camerounaise chargé de recenser les projets à proposer aux migrants et, assurer le suivi de leur mise en œuvre. Cette initiative pourrait être optimisée si elle parvient à s’intégrer dans une dynamique plus globale, offerte, sur le plan international, par le Fonds mondial de la diaspora (Fmd) créé début 2010 à Genève. Les participants, issus de tous les milieux dont les administrations, le secteur privé national, etc. demandent la création d’un guichet spécial pour les investisseurs de la diaspora au sein de l’agence de promotion des investissements. Tout comme il leur faudrait des tarifications spéciales sur les importations des biens d’équipement destinés à la réalisation des projets d’entreprises des migrants. Octroyer des exonérations fiscales à la diaspora au titre des projets structurants figure également parmi les avantages à apporter à cette diaspora invitée à son tour, à mobiliser l’épargne en vue de sa réinjection dans l’économie nationale (transfert de fonds) et à mettre à contribution son entregent pour attirer davantage les investissements directs étrangers, et favoriser la création d’entreprises au Cameroun.

marie.noelle.guichi

Le Messager

 

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