François Alima a vulgarisé un genre dans lequel on ne le connaissait pas. –
Quelle belle idée que celle qu’a eue François Alima d’adjoindre les sonorités de l’orgue à son numéro intitulé «Que des histoires». Un numéro de conte qui aura eu le mérite d’entretenir dans l’allégresse une heure durant le public de l’espace Othni sis au quartier Essos à Yaoundé le week-end dernier. Au cours de ses deux représentations vendredi et samedi derniers en effet, François Alima a frappé les esprits d’abord par cette harmonie qu’il a sue trouver dans son numéro de conte avec l’organiste Yannick Nanga. Une harmonie qui a donné un cachet un peu festif à une envolée où la mise en scène a émergé, frappant au passage les esprits.
Depuis l’ouverture de cet espace en avril dernier et la représentation de la pièce Osiriade SG 21, Martin Ambara et ses compères de la compagnie Les ménestrels nous ont en effet habitué à une créativité pour le moins iconoclaste dans notre environnement artistique des arts de la scène. Et c’est sans doute pour rester dans cette lignée où le spectateur paraît au centre de toutes les attentions que dans ce nouveau projet, il a poursuivi dans cette voie heureuse.
Avec une ouverture en extérieur de la scène où le public est mis en condition par une entrée en matière aguichante avant que les choses sérieuses ne commencent dans la foulée, et cette fois-là dans la salle.
Mais si cette option ne passa pas inaperçue, le must restera cette prestation appliquée d’un comédien qui s’était fait connaître jusque là dans le théâtre. Une performance où ce passé a rejailli pour constituer une estampille, mieux une signature qui ne s’effacera pas de si tôt. Une performance qui a fait la part belle à un assemblage heureux de plusieurs postures scéniques telles le mouvement, la truculence, ou l’appel malicieux au public à s’associer au déroulé de ses histoires.
Et si le public a suivi tout en se tordant de rire, le message porté par ces histoires ne lui a pas échappé. Messages d’autant plus forts qu’ils donnaient à la représentation contée toute son utilité. Sur la première histoire, on retiendra que l’entêtement à se mettre hors la loi dans la société africaine -par essence collective- est le chemin le plus susceptible de vous perdre. Sur le deuxième, comment ne pas penser à cette mise en garde d’André Marie Talla qui interpellait les tenants de la tradition à revoir leur postulat sur la dot dans une magnifique chanson; eux qui travaillaient à faire du mariage une épreuve impossible pour tout aspirant.
Des messages que le conteur a su si bien distiller, lui dont la diction fût soignée. Diction d’ailleurs servie par un texte de qualité où les fioritures furent rares. Mais une diction qui gagnerait à trouver son rythme. Tant le débit de François Alima parût parfois trop rapide, surtout pour de jeunes spectateurs, public de prédilection du conte. L’autre point à réajuster concerne la régie de Steve Zambo. Qui bien qu’en se voulant créative a quelque peu pêché par le côté trop vif parfois de l’expression des lumières. Ce qui par moment a constitué pour le conteur une adversité. Ce d’autant plus que sur une scène basse, et vu que le conteur avait une certaine taille, la régie lumière aurait sans doute gagné à se positionner en contre plongée plus tôt qu’en plongée comme ce fût la plupart du temps le cas.
Parfait Tabapsi
