La première édition de cette compétition s’est déroulée samedi dernier à Douala. –
A l’annonce de son nom, elle est restée sans voix. Ensuite, deux colonnes de larmes ont roulé sur ses joues rondes de teint clair. Puis, retrouvant ses esprits, Florentine Ngwegia lève les deux bras pour jubiler. Juchée sur sa chaise roulante, la Miss de la première édition de Handi-Miss, le concours de la plus belle femme handicapée, va faire quelques figures sur le plancher de la Maison du parti de Bonanjo à Douala. Le disc jockey, va alors mettre en fond sonore une musique folklorique de son Foréké-Dschang natal (région de l’Ouest). Suffisant pour que la salle s’électrise. Son fan club, une vingtaine de personnes, va rejoindre la plus belle handicapée sur la piste. Youyous, cris, embrassades et effusion de joie jaillissent de toutes parts. Florentine Ngwegia parle, mais sa voix est à peine audible. «Je suis très émue !», souffle-t-elle. Aux éliminatoires, elle était 8ème parmi 10 candidates. A côté d’elle, Salatou Evina Henriette, la première dauphine et Albertine Datigo, deuxième dauphine, les yeux noyés dans les larmes.
Mais cette réjouissance presque contagieuse n’est pas la chose la mieux partagée. Cécilia Bekono, le dossard n°3 est inconsolable : «Je crois que le jury n’a pas bien fait son travail. Je ne sais pas pourquoi il désigne une Miss qui ne connaît aucun traître mot en anglais alors qu’elle est supposée nous représenter partout pendant un an. Je ne parle pas de mon cas forcément, mais des autres candidates qui étaient aussi bilingues», s’indigne la candidate qui est classée 7ème sur 10. Et pourtant, Mme Kouo Isedu, la présidente du jury (composé de Willy Mouandjo, Mme Tonyé Ndedi, Philippe Songue, Samuel Kodjo), a insisté sur les critères de sélection : la beauté, l’éloquence, le déplacement sur la chaise roulante, la coiffure et la tenue.
Malgré le démarrage tardif de cette première édition du concours Handi-Miss, la maison du parti de Bonanjo a fait salle comble. Dès le premier passage des candidates en tenue de plage, la salle est délire. Les candidates sont en «deux pièces», serviette blanche et lunettes de soleil. Les premiers pronostics fusent. Les fans clubs applaudissent et scandent les noms de leurs idoles à chaque passage.
A l’observation, deux candidates émergent du lot : Anne Marie Ngako, le dossard n°8, une ravissante créature au teint noir de geais et Florentine Ngwegia, dossard n°6, une belle femme au teint clair qui se déplace très aisément sur sa chaise. Le second passage en tenue traditionnelle soulève encore le public. Le troisième passage en tenue de ville permet de départager les candidates. Elles soutiennent des thèmes sur l’intégration des handicapées, qui ont notamment des problèmes pour accéder à des immeubles avec leur chaise roulante.
Lady Ponce, Mathématik, Major Assé, Hugo Nyamé et le parrain du concours Petit-Pays, pourtant annoncés ont brillé par leur absence. Heureusement, Narcisse Pryze et Fingon Tralala ont animé la salle lors de leur prestation. A la fin de la soirée vers 2h, Yvette Lottin a Samé, la promotrice est sur un nuage : «Je n’arrive pas à croire tant je reçois des félicitations partout. Je suis contente d’avoir donné du sourire aux handicapées. Il faut que les hommes les aiment le jour et non la nuit», soutient l’organisatrice qui donne rendez-vous aux handicapées l’année prochaine.
Eric Roland Kongou
