Le directeur de la Société civile de droit d’auteur et de droits voisins des arts plastique et graphiques (Socadap). –
Ces établissements hôteliers payent les droits d’auteurs des œuvres qu’ils consomment ?
Il faut d’abord dire que les hôtels devraient être la vitrine de la culture camerounaise. Ces établissements sont tous assujetti au payement de droits d’auteurs. Nous avons signé en 2004 une convention avec le syndicat patronal des industries de l’hôtellerie et du tourisme (Spiht), un accord pour œuvrer pour la promotion de l’art et de la culture. Il était convenu que les hôtels s’acquittent des redevances de droits d’auteurs sans qu’on ne leur force la main. Mais cela n’est pas le cas. Il faut dire que ce sont les hôtels, qui n’ont pas de comptabilités, qui nous donnent du fil à retordre. Nous sommes d’ailleurs en plein recouvrement forcé à Douala. Dans l’ensemble, les hôtels ne s’acquittent encore de façon systématique des droits d’auteurs, ils doivent vraiment faire des efforts d’y penser au moment opportun.
Certains hôtels prétendent que vos leur servez des factures aléatoires, ce qui les ont poussés à se débarrasser de ce qu’ils avaient de culturels…
Le point commun à tous les hôtels, c’est la chambre. Nous avons convenu avec les prometteurs des hôtels que la redevance à percevoir auprès des hôtels est fonction du nombre de chambre. Le ministère de la Culture a également signé une loi, celle de 2000, fixant la redevance à percevoir à 10 Francs par chambre et par jour. Ces droits ne sont pas calculés sur le nombre d’œuvres, plutôt sur le nombre de chambre. C’est cela que nous appliquons. Les hôtels qui disent que nos factures sont aléatoires n’ont pas raisons. Je le réitère, nos factures sont élaborées en fonction du nombre des chambres dont dispose chaque hôtel. Ces hôtels qui enlèvent leurs objets culturels, sont de mauvaise foi.
Pensez-vous que les hôtels sont assez fournis en matière culturelle?
Les promoteurs d’hôtels ignorent que les objets culturels constituent une attirance pour les touristes. C’est dommage que certains hôtels ne veuillent pas d’objets culturels de peur de payer les redevances. C’est une erreur de penser ainsi. Les hôtels doivent représenter la culture du Cameroun à travers les œuvres de l’esprit. Dans la norme chaque hôtel devra prévoir un budget pour la décoration culturelle.
Propos recueillis par N.V.
