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Hôtels : La culture se fait peu visible

by mboasawa
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Ils accusent les sociétés de gestion collectives des droits d’auteur de produire des factures exorbitantes. –

 

L’opération de reclassement des hôtels entreprise en juin 2007 par le ministère du Tourisme (Mintour) a fait tâche d’huile chez les prometteurs de ce secteur. Certains hôtels ont d’ailleurs été sanctionnés. Le Djeuga Palace et le Mont Fébé avaient payé le lourd tribut. Les sanctions seront levées plus tard par le Mintour pour qui cette opération de classement et de reclassement avait pour objectifs d’apporter des informations fiables au tourisme et d’inciter les opérateurs à s’améliorer. Les hôtels devraient être des prometteurs du tourisme. Et selon le marché touristique mondial, seul les hôtels classés à partir de deux étoiles peuvent être recommandés aux touristes. Par ce fait, ils devraient valoriser la culture et en particulier celle du Cameroun. Mais alors, ces hôtels consomment-ils vraiment la culture camerounaise ?

Le touriste qui arrive pour son tout premier séjour en terre camerounaise aura sans doute l’envie de connaître plus la culture du terroir. C’est dans cette logique que le Mintour a pensé dans les conditions d’attribution des étoiles, la représentation d’œuvres culturelles pour mieux venter la culture du pays. Selon Narcisse Rupert Ndjock Sassoe, directeur de la société civile de droit d’auteurs et droits voisins des arts plastiques et graphiques (Socadap), «comme chose culturelle, on retrouve dans les hôtels de Yaoundé, des peintures, des sculptures, des statues et des tableaux».
Au Hilton hôtel, établissement hôtelier classé cinq étoiles par le Mintour, les œuvres de l’esprit occupent une place importante. Il suffit de faire un tour dans le hall principal qui sert de réception. Là-bas, la culture garde tout son pesant d’or. La sculpture en bronze ne laisse pas les clients indifférents. Cette sculpture rappelle d’ailleurs les Grasfields l’Ouest Cameroun. Le grand tableau sur lequel sont suspendus beaucoup de petits masques fascine plus d’une personne. Dans les chambres, «d’autres tableaux et peintures pendent au mûr», nous confie-t-on à la réception.

Ces objets culturels que l’on retrouve ici «font partie du patrimoine de l’établissement», laisse entendre le responsable du renseignement qui a préféré garder l’anonymat. D’ailleurs, il s’est contenté de répondre par interphone. Ce qui n’est pas le cas au Djeuga Palace, hôtel classé quatre étoiles. «Nous ne faisons que du vernissage, les auteurs des œuvres restent les propriétaires», confie la secrétaire du directeur. Au Djeuga Palace, les peintures longent les mûrs, des statues et statuettes servent de décor.
Bien que la consommation des œuvres de l’esprit soit une condition non négligeable dans le classement des hôtels, il y en a qui ne trouvent aucun intérêt. Au Royal hôtel, établissement qui brille de ses trois étoiles, il n’y a aucun objet qui prône la culture. «Ces objets culturels nous ont causé tant d’ennuis avec la Socadap», se plaint la responsable de la réception Lucie Marie Akono. Les dirigeants de cet hôtel ont jugé les factures de redevances que leur tendait la Socacap «trop exorbitantes», déplore Mme Akono.

C’est cette raison qui a poussé la direction à se débarrasser des objets culturels pour ne plus à avoir affaire à la Socadap. A Somatel hôtel au quartier Ekoudou, classé également trois étoiles, il n’y a que quelques statuettes qui décorent des lieux. Pas de peinture ni de statues. Ce décor est similaire au Feuguiff hôtel, au quartier Melen. Ces produits culturels sont pour la plus part des commandes que font les prometteurs aux artistes. Dans d’autres hôtels comme Brique Rouge, en face de l’école nationale supérieure polytechnique, «ces objets sont achetés dans la rue», laisse entendre le gérant Eric Fotso. Au Hilton, ces objets d’arts sont faits sur commande, d’autres sont achetés dans les expositions ventes.
A la Socadap, «la redevance des droits d’auteurs n’est pas chose facile .A l’exception de quelques hôtels tel que le Hilton, le Mont Fébé, qui viennent à nous pour payer, d’autres veulent toujours que nous les forcions un peu», confie le directeur de la Socadap. Celui –ci va poursuivre en disant que «se sont les hôtels qui ne disposent pas de comptabilités qui ont du mal à s’acquitter des redevances des droits d’auteurs». Selon la loi 2000 du Mincult, le montant de la redevance dans les hôtels est fixé à 10 francs et par jour.

Nicolas Vounsia (Stagiaire)

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