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Annie Tchawack : Contre vents et marées

by mboasawa
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La promotrice du festival international de danse contemporaine Corps é gestes affronte des obstacles au quotidien. –

 

Une salle à moitié pleine, des visages luisants d’étonnement car ne comprenant rien, Annie Tchawack connaît bien ce tableau, pour l’avoir vu pendant ses spectacles. L’enthousiasme du public est de loin comparable à celui d’un spectacle de musique par exemple. «Ce déficit de fréquentation peut constituer une véritable entorse à ce métier particulier», selon la promotrice du festival «Corps é gestes». «Chorégraphie, danse de création, scénographie, beaucoup n’y comprennent rien et de fait, s’y désintéressent», affirme-t-elle.

Les raisons de cette situation sont multiples et Annie Tchawack pense «qu’elles sont remédiables». Selon elle, l’évolution fulgurante de la télévision contribue à ce déclin de l’intérêt du public, «la télévision à mon avis, rend les gens paresseux et statiques. Sortir pour se rendre à un spectacle, est un effort qu’on se refuse lorsque la télévision nous offre des programmes alléchants,» constate-t-elle. Par ailleurs, l’absence de formation des acteurs de ce métier est indéniable : «Ils sont nombreux qui se jettent dans l’art à l’aveuglette, sans pré requis, d’où ces piètres résultats. C’est grave aujourd’hui parce que finalement on ne sait plus qui est l’artiste professionnel» s’insurge-t-elle. Un manque de formation qui s’explique tout de même : «C’est vrai que certains ont la volonté mais ne peuvent accéder à ces formations. Au Cameroun, elles sont encore ponctuelles. Il n’est pas évident d’en acquérir à l’étranger,» avoue –t-elle.

Des gestes et figures géométriques ne sont pas toujours compris ou appréciés de tous. Et pourtant, ils véhiculent un message et détendent. Aujourd’hui, le mince public qui s’y consacre est motivé par autre chose que le plaisir de savourer un moment de relaxation. «Beaucoup viennent au spectacle par curiosité. On veut découvrir et comprendre cet art, qui est nouveau et plein de mystères. Progressivement, nos salles rempliront et cette fois, de véritables adeptes qui connaissent la valeur du spectacle qu’ils dégustent», affirme-t-elle, optimiste.
Visiblement passionnée et déterminée, la jeune femme fait son bonhomme de chemin depuis déjà dix ans. Malgré ces spécificités dissuasives de son métier, Annie Tchawack est à la 3ème édition du festival international «Corps é gestes» qu’elle organise chaque année. Toutefois organiser un tel événement n’est pas une aventure aisée.

Le clou des difficultés se situe d’ailleurs dans cette responsabilité. Le manque criard d’infrastructures est un frein : «la danse n’est pas du théâtre. A ce titre, le plateau, la scène est différente et doit être appropriée aux normes internationales. L’unique salle de spectacle que nous avons, celle du Centre Culturel Français, répond à ces critères et nous nous en contentons».
Par ailleurs, l’épineux problème financier refait surface. «Malgré le soutien du ministère de la Culture, il faut absolument se lancer à la recherche des partenariats nationaux et internationaux», se plaint-elle. Mais, Annie Tchawack semble très inspirée en matière de propositions : «l’Etat, et pourquoi pas des particuliers qui en sont capables, doivent créer des structures de formation, soutenir financièrement les projets. Surtout, construire des salles de spectacle !»

Marie Gertrude Guimatsia M.(stagiaire)

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