La 6e édition a drainé une grande foule vendredi dernier au Ccf de Yaoundé. –
Le Mango Night, rendez-vous des musiques urbaines est remonté sur scène vendredi dernier au Centre culturel de Yaoundé (Ccf) après sa prestation mitigée de mai dernier, «du fait des manifestations relatives aux Cinquantenaires», expliquait encore Corry, l’initiatrice. Le public jeune en a eu pour son compte. Les artistes annoncés ont fait le déplacement du Ccf pour dérouler qui le hip-hop, qui d’autre les musiques du terroir, le Reggæ, qui d’autres encore pour danser tout simplement le street dance. D’ailleurs, les tout petits arrachent au public les premiers applaudissements de la soirée à laquelle était très attendue la vedette du programme, Alima dont certains murmuraient déjà le nom.
Mais, c’est le groupe Cfa qui, pour une première partie, survolte la salle avec son refrain «le Cameroun c’est le Cameroun ….le Cameroun notre chère pays». Refrain repris en chœur avec le public. Un mélange de Rap et de Bikutsi. L’occasion était idoine pour le Cfa de présenter au public le titre phare de son album disponible depuis quelques mois : «C’est chaud». Le Cfa, sans être «franc», cède les planches à Etienne Eben et sa compagne Priscille Charvet. Tous deux armés de guitares, qu’ils grincent avec dextérité, au point où quelqu’un, admiratif à sa manière, lance dans le public : «Vous voulez défier Richard Bona !». Etienne Eben et Priscille Charvet déroulent le Gospel, qui ne laisse pas indifférent.
Comme pour alterner entre le chaud et le froid, le Mango Night accueille à la suite du couple le jeune adepte du Reggae camerounais, le Rastafari Bantu Otu Bala Jah, qui a l’avantage de passer son message en Ewondo, français et anglais. Les fans de Reggae sont debout pendant qu’Otu Bala Jah revendique être «le dénonciateur des maux de la société». Et ce spectacle était une aubaine pour qu’il pose les problème actuels : «Comment vivre sans eau potable en ce moment où le choléra fait des ravages au Cameroun ? Quelle désolation pour le 3e millénaire ! Les autorités doivent prendre leurs responsabilités pour que de l’eau coule à nouveau dans des robinets dans un bref délai», a-t-il martelé. Le Rasta Man a d’ailleurs promis de distribuer de l’eau potable au public dans le concert qu’il donnera vendredi prochain au Ccf. Otu Bala Jah est aussi revenu les évènements malheureux de février 2008 au Cameroun. La corruption, les détournements publics la pauvreté, etc. comptaient parmi les maux qu’il combat.
Trêve de revendication et de mots durs ! La jeune chanteuse Alima, programmée comme la vedette de la soirée, tiendra la promesse des fleurs avec sa Wudu (une sorte de calebasse). Elle expose alors sa richesse artistique soutenue par le tam-tam et les cauris autour de sa taille, les gourmettes artisanales sur les bras et ses cheveux nattés à la sahélienne. A côté d’elle, les danseurs du groupe «unissons» mettent en scène ses paroles. C’est avec «Bichakala bobé», titre d’une de ses chansons que lui a «inspiré sa fille», que la jeune artiste va clôturer le spectacle.
Selon Paulin Bertrand Bidzogo, l’un des promoteurs du projet, «Mango night à pour objet de vendre les artistes qui ne sont pas encore connus du public .C’est également une occasion pour ces artistes de pouvoir se trouver des producteurs.» Rendez-vous pris en décembre prochain pour la 7e édition, selon Corry, l’un des promoteurs du projet culturel.
Nicolas Vounsia (Stagiaire)
