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Jonas Embom : Le ministère de la Culture ne nous soutient pas

by mboasawa
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Le directeur artistique de l’agence internationale des acteurs et metteur en scène relève les difficultés qui ralentissent le décollage du théâtre au Cameroun. –

 

Après la pièce de théâtre «Kaba ngondo», vous revenez avec «transaltantic life». Quelle est sa particularité?
Le rêve de tous les parents en Afrique est d’envoyer leurs enfants en Europe. Sauf que la plus part du temps, on ne sait pas ce qui attend notre enfant une fois qu’il est sur place. C’est ce mythe que j’essaie de briser à travers cette scène qui dure une heure et demi environ. Dans cette nouvelle trouvaille, je souhaite faire comprendre aux parents et au public que tous ceux qui réussissent ne sont pas forcément des anges. Bon nombre parmi eux se livrent à des pratiques peu orthodoxes dans le but de s’enrichir à tous les prix, sacrifiant au passage l’avenir de leurs proches. Je décrie le cas d’une jeune fille qui à 19 ans est envoyée chez son grand frère qui fait du proxénétisme en France, alors qu’elle venait de réussir à son Baccalauréat. Ledit grand frère qui avait pris le soin d’impressionner leur mère, allant jusqu’à lui offrir une voiture.
Ce qui a suscité l’envie de cette dernière de lui envoyer sa jeune sœur. Arrivée en Europe, la jeune fille est très vite désillusionnée. Son frère va la revendre à des inconnus qui vont abuser d’elle sexuellement. Elle réussira à se défaire d’un de ses bourreaux de nationalité Suisse. De retour au Cameroun et rejetée par les siens, elle se plonge dans la prostitution pour survivre. C’est en quelque sorte une des réalités vivantes que nous n’acceptons pas de regarder en face. On condamne, et on critique la prostituée et tous les autres maux qui minent notre société, mais on oublie que rien n’arrive par le fait du hasard.

Le théâtre draine de moins en moins les foules dans les salles. Que faites-vous à votre niveau pour reconquérir le public?
Cette situation tient lieu de ce que le théâtre a perdu ses lettres de noblesse. Ceux qui éprouvaient du plaisir à venir suivre les pièces de théâtre, ont déserté du fait de la médiocrité de la qualité des services qui leur sont proposés. Et nous en tant que professionnel de la chose, avons décidé de reconsidérer le théâtre traditionnel, classique, contemporain, en nous intéressant à des scènes chaudes qui traduisent nos réalités. Et qui les peint d’une manière subtile, et un peu suggéré, et c’est cela qui pourra contribuer à redorer le blason. Car vous savez il est difficile de tromper le public. Je fais partie de ceux qui ont bénéficié du soutien des Centres culturels français de Douala et Yaoundé, et de l’Alliance Franco-anglaise. «Kaba Ngondo» est ma première œuvre théâtrale. Le public l’a d’ailleurs beaucoup apprécié. J’espère connaître le même succès….

Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face ?
La première difficulté est la reconnaissance du travail que nous faisons. Si je prends le cas de «Kaba Ngondo» qui est un travail de recherche que j’ai mené durant 5 ans environ. Et j’ai déboursé 3 millions de francs cfa environ. Ce qui n’est pas toujours facile pour les autres. Or, aujourd’hui au Cameroun, le ministère de la Culture qui est censé nous soutenir, accompagne plutôt les opérateurs culturels c’est-à-dire les organisateurs des festivals. Ceci au détriment de ceux qui nourrissent ledit festival lors des spectacles. Nous n’avons pas une enveloppe globale qui nous ait propre. Nous finançons nous nous mêmes nos projets, le ministère de la Culture ne nous soutient pas.

Propos recueillis par Aristide Ekambi

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