Certains remettent en cause la compétence du comité d’organisation du Fenac. –
«Ce report était évident vu l’organisation qui s’est effectuée à Maroua. Je ne suis pas surpris que le Fenac soit reporté. Mais c’est dommage que la culture ne soit pas pris au sérieux dans ce pays», déclare Ernest Dizoumbé, artiste peintre qui était au rendez-vous des arts et de la culture de décembre 2008 à Maroua. L’amertume qu’a cet artiste, plusieurs autres la partagent. Ils ne sont pas indifférents au report du Fenac qui devrait en principe se tenir chaque année. Après l’édition de Maroua, la prochaine doit avoir lieu à Yaoundé.
Selon Dizoumbé, «le Fenac est un moment idoine pour les artistes de monter leur génie. Quand on ne nous donne pas des occasions de s’exprimer, comment la culture camerounaise va prospérer. Moi je suis préparé pour l’événement. J’ai fais un investissement dans mes toiles. Donc, je comptais faire de bonnes affaires. A présent, je suis confronté à des difficultés financières».
Pour Francis Sumogné, sculpteur, «ce report est un signe palpable de l’incompétence du comité d’organisation. Ce n’est pas la première fois que le Fenac est reporté. Ceux qui s’occupent de cet évènement doivent comprendre que le Fenac est la chose des artistes et tant que ceux-ci ne seront pas associés à l’organisation, ça sera toujours un fiasco». L’auteur du monument de la «nouvelle liberté» au carrefour Déido à Douala, de renommée internationale, à pris part à plusieurs évènements culturels, notamment en Hollande en 2008 et à Dakar 2004. Mais, il n’a jamais reçu une invitation pour le Fenac. «Comment expliquer qu’on m’invite à l’étranger. Et pourtant, dans mon pays, on refuse de reconnaître ma valeur. Je devais à mon avis, être consultant pour le Fenac», se plaint l’artiste.
Du côté des spécialistes du rotin, c’est la même rengaine. «Du fait que l’évènement était prévu à Yaoundé, cela m’a incité à plus de travail pour pouvoir convaincre les visiteurs et faire fortune. Bien que ce festival soit reporté, je vais continuer à travailler. Mais ceux qui s’occupent de cela doivent faire des efforts», avise Olivier Ondoua, fabricant de meubles en rotin. Cet avis est presque le même chez les artisans. Mamoudou Moussa, lui trouve que «les politiques devraient plutôt laisser la gestion de la chose culturelle aux artistes». Ainsi, chacun sera face à ses responsabilités et les choses pourront être organisées avec plus d’objectivité.
Nicolas Vounsia (Stagiaire)
