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Paulin Tchuenbou : Les artistes vendent dans les ateliers

by mboasawa
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Le directeur artistique de «Doual’art» exhorte les pouvoirs publics à créer des structures de promotion de l’art. –

 

Quels sont les objets d’art que propose l’espace Doual’art ?
Disons que l’espace Doual’art a connu une évolution importante dans son histoire et ses relations avec les artistes et la vente de leurs créations. Entre 1996, l’année où j’arrive, et 2005, on a vraiment eu une option sur un type de travail possiblement vendable, du type peinture, sculpture. Lesquels se présentent sous des formes de travail que les gens verraient bien chez eux, non pas seulement pour la décoration, mais qui participent d’un point de vue visuel, à des choses auxquelles on peut se familiariser. Nous avons fait beaucoup d’expositions. A l’époque, les artistes étaient plus portés vers des supports de type toile. Nous sommes dans la mouvance de l’art contemporain ou du renouvellement de la proposition artistique.

A votre avis, les Camerounais affichent-ils un intérêt pour l’art plastique ?
Si je m’en tiens à la fréquentation de l’espace Doual’art, je peux dire qu’il y a un réel attrait de la peinture, de l’art en général sur les visiteurs. S’intéresser à une œuvre d’art est une chose et avoir les moyens financiers de l’acheter en est une autre. Même durant la période où l’on a eu beaucoup d’acheteurs, c’était essentiellement des Camerounais nantis et des expatriés (qui pour offrir à un tel, ou pour installer dans un appartement nouvellement acquis), de passage ou des résidents.

L’art plastique est-il accessible au Camerounais moyen ?
Il faut être honnête, il y a un coût qui n’est pas à la portée même du Camerounais moyen aujourd’hui. Les œuvres d’art ont une valeur financière. Il y a en revanche, un intérêt artistique.

Comment appréciez-vous l’artisanat sur le marché camerounais sur le rapport de l’art contemporain?
C’est l’art d’une époque, elle continue d’intéresser et les artisans continuent de le reproduire. Et si j’en juge par son offre sur le marché, il y a un intérêt, donc un public. Quant à l’art contemporain, il n’émerge que depuis une quinzaine d’années. Les artistes plasticiens au Cameroun sont en grand nombre. Ils se sont d’ailleurs constitués en association depuis 5 ans. Les adhérents sont une centaine.

Bien que le contexte ne favorise pas l’émergence de l’art plastique, ses acteurs vivent-ils de leur travail ?
Et à des échelles variables, beaucoup vivent de leur art. Ils s’insèrent dans des circuits de vente extérieure. Les artistes vendent beaucoup plus dans leurs ateliers. Ils ont une clientèle qui les connaît et qui vient directement les voir. On compte parmi ces clients, les amateurs d’art qui viennent de l’étranger. On note par ailleurs, des marchés à l’extérieur du pays, du type foires, comme celle de Johannesburg.

Que proposez-vous pour la promotion des objets d’arts ou de l’art plastique au Cameroun ?
Je vois deux options possibles, les deux iraient ensemble d’ailleurs. Il y a celle qui suppose l’implication de pouvoirs publics dans la dynamisation de la création contemporaine ou création artistique locale. Ce qui inclut la création des musées, des centres d’art dotés de vrais budgets pour que ces structures fonctionnent à rythme soutenu. La bourgeoisie locale pourrait également s’impliquer pour booster le marché de l’art en général et de l’art contemporain en particulier.

Propos recueillis par Monique Ngo Mayag

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