Plus de 13 tonnes d’or pourraient être submergées dans cette région aurifère, après la construction du barrage de Lom-Pangar.
13tonnes d’or ! A ce chiffre il faudrait ajouter près trois kilogrammes du minerai précieux, pour tenir le compte de ce que le Cameroun, selon les experts, pourrait perdre dans le bassin du fleuve Lom, après la construction et la mise en service effective du barrage de Lom-Pangar. Le chiffre est suffisamment important pour interpeller l’esprit, même le plus benêt. Dans tous les cas, la nécessité d’une action urgente n’a pas échappé au ministre de l’Industrie, des Mines et du Développement technologique, qui à travers le Cadre d’appui et de promotion de l’artisanat minier (CAPAM), a mis sur pied une stratégie d’exploitation de sauvetage de l’or de la région de Bétaré-Oya.
Lundi dernier, le secrétaire général de la province de l’Est, représentant le ministre Badel Ndanga Ndinga, a officiellement lancé l’exploitation d’urgence destinée à contourner la menace d’immersion qui pèse sur les zones d’exploitation d’or de cette région. L’occasion était toute indiquée pour les sociétés coréennes Kocam Mining Credit et C&K, pour décliner leur plan d’action. Pour la deuxième, il s’agit de mettre sur pied une stratégie technique efficace, soutenue par des machines et un personnel bien formé, capable d’atteindre les objectifs de ce plan d’urgence au cours des trois prochaines années. Le délai actuel pour la mise en œuvre du projet de Lom-Pangar. Le processus de sauvetage est en œuvre depuis un peu plus d’un mois. Des engins sont à pied d’œuvre, et les premières retombées ont été perçues par les populations locales, les organisations et institutions qui prennent part à cette opération. C’est à ce titre que sept enveloppes d’un montant de 500 000 francs CFA chacune ont été distribuées à différentes associations et groupes de travail.
Insuffisant pour certaines voies introduites dans le secteur de l’exploitation minière au Cameroun. Leurs avis font valoir au premier chef la modicité des sommes accordées aux populations des zones d’exploitation. En plus de l’urgence de sauvetage de la richesse de la région de Bétaré-Oya, il faudrait, selon ces avis, penser un plan de développement soutenu. C’est dans cette intention que la Kocam Minings Credit a mis sur pied, avec l’appui du gouvernement, un programme de création de structures susceptibles de promouvoir l’épanouissement social des populations de cette région en matière de santé, d’éducation, d’épargne, de création d’activités génératrices de revenus, etc. Pourtant, la question qui pend sur toutes les lèvres garde toute sa pertinence : A qui profitera cette nouvelle donne et même l’exploitation de l’or en général au Cameroun ? Entre l’informel – selon les experts ce secteur engouffre près de 90% de la production nationale – les réseaux mafieux et d’autres dysfonctionnements dans la filière, les orpailleurs artisanaux ne sont toujours pas à l’abri de la malédiction du cordonnier mal chaussé.
Serges Olivier OKOLE
