mardi, février 17, 2026
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Grégoire Owona n’a pas dit la vérité

by mboasawa
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Ni John Fru Ndi : Grégoire Owona n’a pas dit la vérité


Le président du Social Democratic Front (Sdf) dément les accusations portées contre lui durant les émeutes.
Propos recueillis par Michel Ferdinand


Vous avez écouté les échos venant de certaines villes du Cameroun, où des marches contre la hausse des produits sur le marché, ont dégénéré en émeutes. Quelle est votre réaction à ce sujet ?
Les grèves ou les manifestations collectives sont des moyens légitimes d’expression d’opinions différentes dans toute société démocratique. Ce qui vient d’arriver au Cameroun n’est donc pas un cas unique. La différence est dans la manière de gérer ce genre de crise. Par conséquent, le Sdf soutient les actions de grève parce que c’est un droit civique. La cause de ces actions de grève est légitime- les conditions économiques difficiles que vivent les Camerounais en raison de l’inflation galopante-. Enfin, c’est la manifestation externe de l’absence de dialogue entre le gouvernement et le peuple. Cela étant, je voudrais insister sur le fait que le soutien du Sdf ne doit pas être mal interprété comme étant une caution au vandalisme, au pillage auxquels les civils se sont livrés pendant la grève. Je condamne également les tueries et le pillage perpétrés par les forces de l’ordre.
Votre immeuble aurait été attaqué par des vandales à la Commercial Avenue à Bamenda…

C’est exact. La furie des jeunes n’a pas épargné mon immeuble. La boutique de ma défunte épouse [Rose Fru Ndi, Ndlr] dans cet immeuble a été pillée. Et les bureaux du Pmuc vandalisés.
Quel commentaire vous inspire la déclaration faite par le président de la République, le 27 février dernier ?
La nation attendait du président de la République un discours d’apaisement. Mais, elle a plutôt été insultée, comme ‘‘apprentis sorciers’’. Monsieur Biya est un souverain absentéiste. Et par conséquent, il ne peut pas comprendre les souffrances du peuple. Je lui donne le conseil donc de chercher les causes de ce malaise national au sein de son parti, le Rdpc et dans l’échec de sa politique des ‘‘grandes ambitions’’, ‘‘le grand large débat’’ et ‘‘démocratie avancée’’

Paul Biya pense que ses adversaires politiques, à défaut de prendre le pouvoir par les urnes, ont choisi de procéder par la force pour l’évincer. Est-ce votre avis ?
Monsieur Biya ne peut pas s’estimer être au pouvoir grâce à des élections libres et justes. Il avait volé ma victoire à l’élection présidentielle de 1992. Depuis lors, il n’a pas gagné une seule élection dans ce pays. Cela explique pourquoi il n’a jamais accepté la mise en place d’un organe indépendant pour organiser les élections au Cameroun. Qu’il accuse les Camerounais de vouloir le renverser est symptomatique de quelqu’un qui a peur de ses adversaires, et manque de légitimité.

Des responsables du Rdpc vous accusent d’avoir supporté les manifestants, en souhaitant qu’il y ait plus de morts dans les villes sinistrées ? Qu’en dites-vous ?
J’ai apporté mon soutien à l’action de grève, mais j’ai dénoncé les tueries. Cette position se comprend parce que le Sdf est un parti de masse. Soutenir la mort des Camerounais serait dès lors comme souhaiter ma propre disqualification. Cela n’est pas raisonnable. A titre de rappel, en 1992, je suis sorti pour protéger les biens des citoyens dans cette ville (Bamenda). Mais, les gendarmes m’avaient accusé de l’avoir fait de mauvaise foi. Ils disaient que j’encourageais des jeunes gens à détruire. Cette fois-ci, je suis resté à la maison par crainte de leurs balles. C’est la même chose lorsque Grégoire Owona a prétendu à la Crtv, qu’il a lu dans Cameroon Tribune que j’encourageais personnellement les morts. Il n’a pas dit la vérité. Cameroon Tribune est coupable de désinformation comme un moyen pour me salir. Ce n’est pas la première fois. Les tribunaux m’ont accordé, il y a quelques années, 10 millions de Fcfa de dommages contre Cameroon Tribune pour diffamation.

Pense-t-on au Sdf que ces manifestants, jeunes pour la plupart, ont été manipulés ?
C’est insultant de penser que les Camerounais ont perdu leur faculté de penser et sont insensibles aux souffrances politiques, sociales et économiques auxquelles ils sont soumis depuis plusieurs années. La plupart de ces jeunes ont été formés et ont des diplômes. Par conséquent, ils ont un certain degré de pensée autonome. Et à ce titre, ils ne peuvent pas être manipulés pour prendre le genre de risques qu’ils ont affrontés au prix de leur vie. Il est vrai que beaucoup d’entre eux ont été instrumentalisés par le Rdpc pour truquer les élections à travers le pays, et n’ont jamais été payés. Le gouvernement utilise à présent une justice expéditive pour réduire au silence ces partenaires dans le crime.

D’après vous, comment le politique peut-il procéder pour éviter de pareilles manifestations ?
Donnons une chance au dialogue. Nous parlons beaucoup de la paix, mais nous oublions que l’absence de dialogue compromet la justice. Et l’absence de justice appelle la violence. Ceux qui sont au pouvoir doivent formuler et appliquer des politiques en faveur du peuple. Cela implique qu’ils doivent écouter la nation.

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