mardi, février 17, 2026
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Abah Abah en réanimation à l’Hôpital Central

by mboasawa
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Après deux jours de détention, l’ex-Minefi a été victime d’un malaise ;
Le directeur de la maladie au ministère de la Santé publique a été interpellée hier.

Par Jean Francis Belibi…

  Opération Epervier : De quoi souffre le patient Abah Abah ?


L’ancien ministre interpellé par la police est à l’hôpital Central de Yaoundé depuis hier matin.
Jean Baptiste Ketchateng…


Tout à côté du service de réanimation de l’hôpital Central de Yaoundé où Polycarpe Abah Abah, ancien ministre de l’Economie et des Finances a été admis hier matin, une chambre de malades porte une indication qui fait rigoler l’infirmier occupé à perdre tous ceux qui souhaitent avoir des nouvelles de l’illustre malade. L’affiche, surplombée par une photographie d’Urbain Olanguena Awono à la mine sévère et menaçante, avertit le public de la volonté de l’ancien ministre de la Santé de faire des services hospitaliers un lieu où il n’y a pas de corruption.
Sur la corruption à l’hôpital, notre infirmier est prêt " à en raconter des tonnes ". " C’est bien parce qu’il a écrit ça qu’on lui demande à lui aussi des comptes non ?

", lâche-t-il dans un sourire goguenard en parlant de l’ancien patron de tous les hôpitaux publics camerounais. Quid d’Abah Abah ? " On va le transférer au haut standing ", pense une de ses collègues, aussi sûre d’elle que le directeur de l’hôpital Central, Magloire Biwole Sida, s’enfuit en entendant la moindre requête d’informations de la presse au sujet de ce patient dont parle tout l’hôpital.
Pour certains cependant, Polycarpe Abah Abah a bien été réanimé. Le médecin qui serait chargé de veiller sur la réanimation du patient Abah Abah lui-même ne veut pas dire le moindre mot. " Ah ! Vous les journalistes… ", laisse-t-il entendre avant de se retirer derrière les grilles de son service surveillées par des policiers qui entendent eux aussi ne rien laisser filtrer. Un " proche du ministre " souhaite-t-il lui remettre une bouteille d’eau ? Sa carte d’identité lui est bruyamment exigée.

Repoussé en dehors des lieux, l’homme qui veut " simplement donner de l’eau au ministre " est ramené sur ses pas. De force. On s’engueule. On s’invective. La tension monte. Un autre " proche du ministre " interpellé à son tour pour décliner son identité se défile en indiquant qu’il doit d’abord appeler quelqu’un. L’intervention d’un médecin précisera la volonté du patient Abah Abah : " C’est une palette (de bouteilles) d’eau qu’il faut acheter… " Aussitôt dit, aussitôt fait. Les policiers et le commissionnaire finissent par sympathiser. Ce ne sera pas le cas de la presse. " Vous voulez qu’on vous dise quoi, dit un gardien de la paix. Nous ne sommes pas médecins. " " Contentez-vous de ce que vous savez ", conseille un officier de police. " On ne vous dira rien. Allez voir le directeur ", intime un autre. A 17h, alors que le nombre des policiers a sensiblement augmenté -du fait de la présence d’une équipe de relève ?- il paraît alors probable que l’on va veiller encore quelque temps sur le patient Abah Abah.

L’infirmière qui ricanait sur la maladie du réanimé rappelle alors qu’après le pavillon haut standing qui se trouve à deux pas du service de réanimation, " ce sera peut-être une évacuation sanitaire comme sa femme en avait bénéficié". Caroline Abah Abah, interpellée il y a quelques années, comme son mari aujourd’hui, pour son implication dans des détournements de deniers publics, avait en effet été momentanément tirée d’affaire par un voyage sanitaire en Europe. Qu’en sera-t-il pour l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, qui s’est retrouvé depuis lundi dernier devant des policiers qui l’interrogeaient notamment sur les reversements des crédits Tva au Crédit foncier, du temps où il dirigeait la direction générale des Impôts ? C’est d’ailleurs devant ses interrogateurs, indiquent diverses sources, que Polycarpe Abah Abah se serait effondré. Peu avant, indiquent enfin des sources, une ancienne collaboratrice d’Urbain Olanguena, la directrice de la Maladie au ministère de la Santé, Lucienne Bela, a également été interpellée.

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Après deux jours de détention, l’ex-Minefi a été victime d’un malaise ;
Le directeur de la maladie au ministère de la Santé publique a été interpellée hier.

Par Jean Francis Belibi…

  Opération Epervier : De quoi souffre le patient Abah Abah ?


L’ancien ministre interpellé par la police est à l’hôpital Central de Yaoundé depuis hier matin.
Jean Baptiste Ketchateng…


Tout à côté du service de réanimation de l’hôpital Central de Yaoundé où Polycarpe Abah Abah, ancien ministre de l’Economie et des Finances a été admis hier matin, une chambre de malades porte une indication qui fait rigoler l’infirmier occupé à perdre tous ceux qui souhaitent avoir des nouvelles de l’illustre malade. L’affiche, surplombée par une photographie d’Urbain Olanguena Awono à la mine sévère et menaçante, avertit le public de la volonté de l’ancien ministre de la Santé de faire des services hospitaliers un lieu où il n’y a pas de corruption.
Sur la corruption à l’hôpital, notre infirmier est prêt " à en raconter des tonnes ". " C’est bien parce qu’il a écrit ça qu’on lui demande à lui aussi des comptes non ?

", lâche-t-il dans un sourire goguenard en parlant de l’ancien patron de tous les hôpitaux publics camerounais. Quid d’Abah Abah ? " On va le transférer au haut standing ", pense une de ses collègues, aussi sûre d’elle que le directeur de l’hôpital Central, Magloire Biwole Sida, s’enfuit en entendant la moindre requête d’informations de la presse au sujet de ce patient dont parle tout l’hôpital.
Pour certains cependant, Polycarpe Abah Abah a bien été réanimé. Le médecin qui serait chargé de veiller sur la réanimation du patient Abah Abah lui-même ne veut pas dire le moindre mot. " Ah ! Vous les journalistes… ", laisse-t-il entendre avant de se retirer derrière les grilles de son service surveillées par des policiers qui entendent eux aussi ne rien laisser filtrer. Un " proche du ministre " souhaite-t-il lui remettre une bouteille d’eau ? Sa carte d’identité lui est bruyamment exigée.

Repoussé en dehors des lieux, l’homme qui veut " simplement donner de l’eau au ministre " est ramené sur ses pas. De force. On s’engueule. On s’invective. La tension monte. Un autre " proche du ministre " interpellé à son tour pour décliner son identité se défile en indiquant qu’il doit d’abord appeler quelqu’un. L’intervention d’un médecin précisera la volonté du patient Abah Abah : " C’est une palette (de bouteilles) d’eau qu’il faut acheter… " Aussitôt dit, aussitôt fait. Les policiers et le commissionnaire finissent par sympathiser. Ce ne sera pas le cas de la presse. " Vous voulez qu’on vous dise quoi, dit un gardien de la paix. Nous ne sommes pas médecins. " " Contentez-vous de ce que vous savez ", conseille un officier de police. " On ne vous dira rien. Allez voir le directeur ", intime un autre. A 17h, alors que le nombre des policiers a sensiblement augmenté -du fait de la présence d’une équipe de relève ?- il paraît alors probable que l’on va veiller encore quelque temps sur le patient Abah Abah.

L’infirmière qui ricanait sur la maladie du réanimé rappelle alors qu’après le pavillon haut standing qui se trouve à deux pas du service de réanimation, " ce sera peut-être une évacuation sanitaire comme sa femme en avait bénéficié". Caroline Abah Abah, interpellée il y a quelques années, comme son mari aujourd’hui, pour son implication dans des détournements de deniers publics, avait en effet été momentanément tirée d’affaire par un voyage sanitaire en Europe. Qu’en sera-t-il pour l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, qui s’est retrouvé depuis lundi dernier devant des policiers qui l’interrogeaient notamment sur les reversements des crédits Tva au Crédit foncier, du temps où il dirigeait la direction générale des Impôts ? C’est d’ailleurs devant ses interrogateurs, indiquent diverses sources, que Polycarpe Abah Abah se serait effondré. Peu avant, indiquent enfin des sources, une ancienne collaboratrice d’Urbain Olanguena, la directrice de la Maladie au ministère de la Santé, Lucienne Bela, a également été interpellée.

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Après deux jours de détention, l’ex-Minefi a été victime d’un malaise ;
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Par Jean Francis Belibi…

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L’ancien ministre interpellé par la police est à l’hôpital Central de Yaoundé depuis hier matin.
Jean Baptiste Ketchateng…


Tout à côté du service de réanimation de l’hôpital Central de Yaoundé où Polycarpe Abah Abah, ancien ministre de l’Economie et des Finances a été admis hier matin, une chambre de malades porte une indication qui fait rigoler l’infirmier occupé à perdre tous ceux qui souhaitent avoir des nouvelles de l’illustre malade. L’affiche, surplombée par une photographie d’Urbain Olanguena Awono à la mine sévère et menaçante, avertit le public de la volonté de l’ancien ministre de la Santé de faire des services hospitaliers un lieu où il n’y a pas de corruption.
Sur la corruption à l’hôpital, notre infirmier est prêt " à en raconter des tonnes ". " C’est bien parce qu’il a écrit ça qu’on lui demande à lui aussi des comptes non ?

", lâche-t-il dans un sourire goguenard en parlant de l’ancien patron de tous les hôpitaux publics camerounais. Quid d’Abah Abah ? " On va le transférer au haut standing ", pense une de ses collègues, aussi sûre d’elle que le directeur de l’hôpital Central, Magloire Biwole Sida, s’enfuit en entendant la moindre requête d’informations de la presse au sujet de ce patient dont parle tout l’hôpital.
Pour certains cependant, Polycarpe Abah Abah a bien été réanimé. Le médecin qui serait chargé de veiller sur la réanimation du patient Abah Abah lui-même ne veut pas dire le moindre mot. " Ah ! Vous les journalistes… ", laisse-t-il entendre avant de se retirer derrière les grilles de son service surveillées par des policiers qui entendent eux aussi ne rien laisser filtrer. Un " proche du ministre " souhaite-t-il lui remettre une bouteille d’eau ? Sa carte d’identité lui est bruyamment exigée.

Repoussé en dehors des lieux, l’homme qui veut " simplement donner de l’eau au ministre " est ramené sur ses pas. De force. On s’engueule. On s’invective. La tension monte. Un autre " proche du ministre " interpellé à son tour pour décliner son identité se défile en indiquant qu’il doit d’abord appeler quelqu’un. L’intervention d’un médecin précisera la volonté du patient Abah Abah : " C’est une palette (de bouteilles) d’eau qu’il faut acheter… " Aussitôt dit, aussitôt fait. Les policiers et le commissionnaire finissent par sympathiser. Ce ne sera pas le cas de la presse. " Vous voulez qu’on vous dise quoi, dit un gardien de la paix. Nous ne sommes pas médecins. " " Contentez-vous de ce que vous savez ", conseille un officier de police. " On ne vous dira rien. Allez voir le directeur ", intime un autre. A 17h, alors que le nombre des policiers a sensiblement augmenté -du fait de la présence d’une équipe de relève ?- il paraît alors probable que l’on va veiller encore quelque temps sur le patient Abah Abah.

L’infirmière qui ricanait sur la maladie du réanimé rappelle alors qu’après le pavillon haut standing qui se trouve à deux pas du service de réanimation, " ce sera peut-être une évacuation sanitaire comme sa femme en avait bénéficié". Caroline Abah Abah, interpellée il y a quelques années, comme son mari aujourd’hui, pour son implication dans des détournements de deniers publics, avait en effet été momentanément tirée d’affaire par un voyage sanitaire en Europe. Qu’en sera-t-il pour l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, qui s’est retrouvé depuis lundi dernier devant des policiers qui l’interrogeaient notamment sur les reversements des crédits Tva au Crédit foncier, du temps où il dirigeait la direction générale des Impôts ? C’est d’ailleurs devant ses interrogateurs, indiquent diverses sources, que Polycarpe Abah Abah se serait effondré. Peu avant, indiquent enfin des sources, une ancienne collaboratrice d’Urbain Olanguena, la directrice de la Maladie au ministère de la Santé, Lucienne Bela, a également été interpellée.

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Par Jean Francis Belibi…

  Opération Epervier : De quoi souffre le patient Abah Abah ?


L’ancien ministre interpellé par la police est à l’hôpital Central de Yaoundé depuis hier matin.
Jean Baptiste Ketchateng…


Tout à côté du service de réanimation de l’hôpital Central de Yaoundé où Polycarpe Abah Abah, ancien ministre de l’Economie et des Finances a été admis hier matin, une chambre de malades porte une indication qui fait rigoler l’infirmier occupé à perdre tous ceux qui souhaitent avoir des nouvelles de l’illustre malade. L’affiche, surplombée par une photographie d’Urbain Olanguena Awono à la mine sévère et menaçante, avertit le public de la volonté de l’ancien ministre de la Santé de faire des services hospitaliers un lieu où il n’y a pas de corruption.
Sur la corruption à l’hôpital, notre infirmier est prêt " à en raconter des tonnes ". " C’est bien parce qu’il a écrit ça qu’on lui demande à lui aussi des comptes non ?

", lâche-t-il dans un sourire goguenard en parlant de l’ancien patron de tous les hôpitaux publics camerounais. Quid d’Abah Abah ? " On va le transférer au haut standing ", pense une de ses collègues, aussi sûre d’elle que le directeur de l’hôpital Central, Magloire Biwole Sida, s’enfuit en entendant la moindre requête d’informations de la presse au sujet de ce patient dont parle tout l’hôpital.
Pour certains cependant, Polycarpe Abah Abah a bien été réanimé. Le médecin qui serait chargé de veiller sur la réanimation du patient Abah Abah lui-même ne veut pas dire le moindre mot. " Ah ! Vous les journalistes… ", laisse-t-il entendre avant de se retirer derrière les grilles de son service surveillées par des policiers qui entendent eux aussi ne rien laisser filtrer. Un " proche du ministre " souhaite-t-il lui remettre une bouteille d’eau ? Sa carte d’identité lui est bruyamment exigée.

Repoussé en dehors des lieux, l’homme qui veut " simplement donner de l’eau au ministre " est ramené sur ses pas. De force. On s’engueule. On s’invective. La tension monte. Un autre " proche du ministre " interpellé à son tour pour décliner son identité se défile en indiquant qu’il doit d’abord appeler quelqu’un. L’intervention d’un médecin précisera la volonté du patient Abah Abah : " C’est une palette (de bouteilles) d’eau qu’il faut acheter… " Aussitôt dit, aussitôt fait. Les policiers et le commissionnaire finissent par sympathiser. Ce ne sera pas le cas de la presse. " Vous voulez qu’on vous dise quoi, dit un gardien de la paix. Nous ne sommes pas médecins. " " Contentez-vous de ce que vous savez ", conseille un officier de police. " On ne vous dira rien. Allez voir le directeur ", intime un autre. A 17h, alors que le nombre des policiers a sensiblement augmenté -du fait de la présence d’une équipe de relève ?- il paraît alors probable que l’on va veiller encore quelque temps sur le patient Abah Abah.

L’infirmière qui ricanait sur la maladie du réanimé rappelle alors qu’après le pavillon haut standing qui se trouve à deux pas du service de réanimation, " ce sera peut-être une évacuation sanitaire comme sa femme en avait bénéficié". Caroline Abah Abah, interpellée il y a quelques années, comme son mari aujourd’hui, pour son implication dans des détournements de deniers publics, avait en effet été momentanément tirée d’affaire par un voyage sanitaire en Europe. Qu’en sera-t-il pour l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, qui s’est retrouvé depuis lundi dernier devant des policiers qui l’interrogeaient notamment sur les reversements des crédits Tva au Crédit foncier, du temps où il dirigeait la direction générale des Impôts ? C’est d’ailleurs devant ses interrogateurs, indiquent diverses sources, que Polycarpe Abah Abah se serait effondré. Peu avant, indiquent enfin des sources, une ancienne collaboratrice d’Urbain Olanguena, la directrice de la Maladie au ministère de la Santé, Lucienne Bela, a également été interpellée.

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Exécution de Ouandié : L’affaire Ouandié – Ndongmo hante Bafoussam

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37 ans après son exécution publique, les habitants du chef-lieu de la province de l’Ouest ressentent encore le choc psychologique… –


“Ce n’est pas par simple hasard que le gouvernement d’Ahmadou Ahidjo avait décidé de faire exécuter Ernest Ouandié à Bafoussam alors que sa condamnation avait été prononcé par le tribunal militaire de Yaoundé. Il fallait créer une psychose collective dans les esprits. C’est pour cela que vous voyez que les gens ici ont peur de manifester pour revendiquer leurs droits. Les gens ont même peur de s’engager dans un parti politique parce qu’ils craignent d’être tués.” A la veille des élections municipales de janvier 1996, Jean Michel Tékam, candidat sous la bannière du Psdc (Parti social démocrate camerounais) à la commune urbaine de Bafoussam, bat campagne autour de l’affaire Ouandié-Ndongmo. Il disserte sur le sujet autant qu’il rappelle à l’opinion qu’il se trouvait au rang des membres du comité international pour la libération de Ernest Ouandié. Dans presque tous les carrefours de la ville de Bafoussam, le message de l’actuel président du Pds (Parti pour la démocratie et le socialisme) suscite des conversations. C’est comme si les gens veulent se venger du spectacle désolant qu’ils ont vécu le 15 janvier 1971.
A l’aube de l’an 2008, ledit sentiment ne s’est pas totalement estompé. “Jusqu’à la dernière minute, nous ne croyions pas que le gouvernement allait faire exécuter Ernest Ouandié et ses camarades. Les gens pensaient qu’on pouvait les condamner à vie. C’était pour nous une grande surprise. On nous a fait sortir de l’école pour voir l’exécution des nationalistes. Dans la foule, on désapprouvait ce qui allait se passer, même les enfants comme nous. Il y avait en réalité un fort courant de sympathie pour les rebelles. C’est pour cela que dès que l’on a tiré sur Ernest Ouandié et ses compagnons, c’est comme si j’avais reçu une blessure au fond de mon cœur. La rafale avait blessé la tête d’une personne qui se trouvait au niveau de la paroisse du plateau de l’église évangélique ”, raconte Wanko Tchonla, commerçant à Bafoussam. Au moment des faits, il est élève à l’école Saint Joseph de la cathédrale. Il garde en souvenir la triste journée du 15 janvier 1971.

Mise en scène
Martin Kapnang, agent communal à la retraite, se souvient aussi de la mise en scène autour de l’affaire Ouandié. “ Nous savions que l’on avait arrêté les chefs maquisards. L’administration avait fait venir les gens même des villages environnants pour voir comment on devait tuer les maquisards. Mais les conditions dans lesquelles leur procès s’était déroulé semblaient toujours floues. Car dès que l’on avait annoncé l’arrestation de Ernest Ouandié et autres on savait qu’ils devaient être exécutés même si les plus grands avocats du monde intervenaient en leur faveur.”
En ce qui concerne les motifs réels de la condamnation à mort de Ernest Ouandié, le septuagénaire se trouve moins bavard. Il a presque les larmes aux yeux. Il se souvient seulement que Ouandié et ses compagnons étaient poursuivis pour avoir animé la rébellion dans la province de l’Ouest et le Moungo. En parcourant les “ Grand procès de l’Afrique contemporaine ”, on en sort avec une économie du procès de Ernest Ouandié : “ On reproche d’abord à l’accusé d’avoir constitué un comité révolutionnaire, au maquis fin 1961, et par la suite d’avoir rapidement pris contact avec l’abbé Ndongmo courant mars 1962, au pied du mont Lonako ”, rapporte-t-on dans l’ouvrage publié par Jeune Afrique en 1990. Par la suite, il fait mention de ce que Ernest Ouandié fut condamné à mort aussi pour de nombreux attentats et assassinats perpétrés de 1961 à décembre 1969. Tout comme il lui est imputé “ la mort des pauvres et paisibles villageois sans armes ” et “ des crimes contre l’économie.” Quel contraste avec les motifs du combat nationaliste ! défendent les militants upécistes.  

Par Guy Modeste DZUDIE

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