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Issa Tchiroma : Ma feuille de route au Mincom

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Le nouveau ministre de la Communication souhaite plus d’accès à l’information, l’augmentation de l’aide à la presse… –

"L’élu" du 30 juin dernier dans le cadre du réaménagement gouvernemental arrive dans une maison qu’il "ne connaît pas". Mais, contrairement aux autres membres du gouvernement, le ministre de la Communication (Mincom), Issa Tchiroma, sous ses oripeaux de membre de l’opposition, a écumé les couloirs des salles de rédactions, pour afficher sa ligne politique. Cette fréquentation du président du Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc) lui a permis, non pas de pouvoir appeler chacun des journalistes de la presse indépendante par son nom, genre Joly Koum, Thierry Ngongang, Polycarpe Essomba, pour ne citer que les noms des confrères choisis pour la communication gouvernementale de jeudi dernier à l’hôtel Mont Febe de Yaoundé, mais, de mieux savoir comment fonctionne cette presse "dite privée".

Dans le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune du 3 juillet dernier, le Mincom révèle "qu’il y a des conflits qui n’ont aucune raison d’être, dès lors que nous sommes logés à la même enseigne, à savoir les difficultés économiques et la pauvreté". "Nous connaissons un déficit de patriotisme. Il y a une dichotomie entre la presse dite privée et la presse publique", a-t-il constaté. Estimant que la "presse privée" a l’impression d’être marginalisée, méprisée et "rame à contre courant". Le diagnostic est loin d’être exhaustif : "Leur rôle n’est pas de détruire le gouvernement. Ils disent sur la toile qu’au Cameroun, ça ne va pas; que c’est la dictature!" Mais, le "porte-parole" du gouvernement dit ne pas vouloir caporaliser la presse. "On ne peut pas acheter 600 organes de presse. On ne peut même pas museler la presse, encore moins mettre un journaliste en prison. Sauf s’il se cache derrière son organe pour commettre des délits de droit commun", a précisé Issa Tchiroma Bakary.

Le Mincom révèle "qu’un ministre n’a pas d’objectif". Selon lui, le ministre applique les objectifs du Chef de l’Etat. Et, présentement, il s’agit "des grandes ambitions. Il faut faire de la communication un instrument de consolidation de la paix", souligne le Mincom. "La communication doit être au service du développement et ce que je souhaite, c’est de faire en sorte que disparaisse l’antagonisme qu’il y a entre la presse officielle et la presse privée, entre les faiseurs d’opinion et les objectifs poursuivis par ceux qui nous gouvernent", définit-il sa feuille de route.

Presse publique, presse privée
Mais, à sa charge, les journalistes de tous bord attendent plus d’ouverture de la part des institutions publiques. A cela, Issa Tchiroma Bakary compte se rapprocher du Premier ministre pour lui conseiller de faire en sorte que l’information institutionnelle soit mise à la disposition des journalistes de la presse privée, afin de mettre à la disposition du public une information fiable et vérifiée. Quant aux dossiers restés en suspend, tels que celui relatif aux licences d’exploitation de la communication audiovisuelle, "il faut mettre de l’ordre", martèle le Mincom. Il promet même d’organiser les états généraux de la communication après ceux tenus en 1994, sous le ministre Augustin Kontchou Kouomegni.
Sur le plan managérial, Issa Tchiroma apprend qu’il a été envoyé dans "un guêpier". Un ministère où le chef de département et certains de ses collaborateurs étaient à couteaux tirés. Plus qu’un simple guêpier, c’était une poudrière. "J’ai des collaborateurs extraordinaires et très bien. J’ai droit à l’erreur. Je ne suis pas la ligne du Rdpc.

Mais, celle du président Biya qui m’a nommé. Je ne vais donc pas démissionner", jure-t-il. Puisque, hors plateau, il semble soutenu par les panélistes qui étaient chargés d’échanger avec lui jeudi dernier. Parmi eux, Polycarpe Essomba, qui a retenu le plaidoyer que le Mincom souhaite faire au près de sa hiérarchie pour l’augmentation de l’aide publique à la communication privée, en la doublant. "Plusieurs médias audiovisuels fonctionnent en toute illégalité au moment où il y avait des soupçons de caporalisation de la presse par l’ancien Mincom. Ce, au moment où le marché de la publicité est de plus en plus réduit. Ceux-là qui ne font aucun effort de se mettre en règle viennent gruger dans le budget des médias en règle", s’insurge le présentateur vedette d’Equinoxe Tv.

Toutefois, Polycarpe Essomba émet des inquiétudes quant à la capacité du Mincom à défendre "un gouvernement dont il n’est pas idéologiquement solidaire". En guise de réponse, mieux d’assurance pour pouvoir voir ses projets menés à bien sans souffrir de l’appartenance idéologique, Issa Tchiroma Bakary rétorque qu’en France, parlant d’opposant, "Sarkozy l’a fait avec Bernard Kouchner qu’il a nommé aux Affaires étrangères ou Dominique Strauss Khan, éléphant du parti socialiste, qu’il a soutenu au Fmi". Seize jours après sa nomination, le nouveau Mincom n’a pas dérogé à une règle très récente, celle des grandes annonces, comme il le fait depuis sa nomination. Le chef de l’Eta a donné six mois à l’actuel gouvernement pour faire ses preuves.

Justin Blaise Akono

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Dossiers pressants

Ce sont des questions qui ne figurent pas explicitement dans la feuille de route du tout nouveau ministre de la Communication, au regard des chantiers présentés au cours de sa première sortie médiatique grandeur nature jeudi dernier. Mais il s’agit des préoccupations les plus importantes pour les patrons de presse en ce moment. Et depuis belle lurette d’ailleurs. Il s’agit d’abord de l’application des accords de Florence et du protocole additionnel de Nairobi, deux documents ratifiés par le Cameroun, mais dont la mise en application est attendue. Le franchissement de cette étape permettra à la presse d’être exonérés de taxes sur les intrants entrant dans la fabrication des journaux, tels que le papier, qui constitue l’un des postes de dépense les plus importants dans la procédure d’impression des journaux. Toutes choses qui pourraient permettre aux patrons de presse de faire des économies substantielles dans leurs dépenses, et utiliser les fonds ainsi gagnés, pour payer des salaires décents, à défaut de s’équiper en matériel de travail.

Mais à côté de cet important chantier auquel pourrait s’attaquer le nouveau ministre de la Communication, il y a aussi l’application de la fameuse convention collective des journalistes et des métiers connexes, dont le prédécesseur a, à son temps salué l’arrivée, mais dont la principale incidence dans la viabilisation des entreprises de presse au Cameroun n’est malheureusement que son existence, l’application du texte par les patrons de presse n’étant pas encore à l’ordre du jour. Issa Tchiroma, dont on ne désespère pas un sursaut d’orgueil pouvant aider à marquer son passage au Mincom, malgré son discours qui tranche désormais avec celui de l’opposant qu’il a été à une époque, n’attirera que des sympathies dans les milieux de la presse camerounaise en s’attaquant au chantier de l’application de cette convention, qui est la première du genre en Afrique centrale.
Enfin, Issa Tchiroma, l’ancien militant de l’Undp et de l’Andp, est attendu sur le chantier tout aussi important de l’assainissement de la profession de journaliste, notamment avec la crédibilisation de la carte de presse, dont l’attribution, au premier abord, semble tenir en la simple exigence d’en faire la demande, puis que dans la pratique, celle-ci ne renferme aucun avantage promis en plus du pouvoir d’assister à des manifestations auxquelles participent le chef de l’Etat et son épouse.

B. R. M.

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