Le directeur général de la Socam parle des projets immédiats de sa société et de ses relations avec les artistes.
Après la répartition d’il y a quelques jours, vous avez signé une convention avec un organisme bancaire pour organiser la carrière des musiciens membres de la Socam. De quoi s’agit-il?
A travers ce projet, nous voulons susciter l’espoir parmi les artistes musiciens. C’est une façon pour nous, à la Socam, de faire comprendre à nos adhérents que faire de la musique est un bon travail qui peut les faire vivre du moment où ils s’y mettent un peu avec sérieux. Avec notre partenaire financier qui est une banque bien connue dans la ville et à travers le pays, nous avons mis sur pied un partenariat tel que les artistes puissent avoir accès au crédit bancaire. Cette institution se propose, au-delà de ses produits habituels, de mettre sur pied des produits destinés aux artistes qui veulent monter une affaire ou monter un projet artistique.
Les personnes retenues par ce projet sont Lady Ponce, Majoie Ayi, Tsimi Toro, Odile Ngaska ; des artistes qui, à priori, ont déjà percé. Pourquoi ?
C’est encore un projet expérimental qui permettra de mieux évaluer les choses et, peut-être, les améliorer pour que tous puissent en bénéficier.
Vous avez également rencontré des responsables d’associations d’artistes avec lesquels vous avez eu des échanges. Qu’est-ce qui motive cette démarche ?
Nous souhaitons travailler en collaboration avec toutes les personnes qui interviennent dans le cadre de la musique. Il était donc important que nous les écoutions. Les concertations vont se poursuivre, car ces responsables d’association souhaitent qu’on s’intéresse de façon plus pointue au problème de la piraterie qu’ils rencontrent. C’est pourquoi il faut d’abord que nous nous mettions d’accord sur les méthodes de travail avant de nous lancer dans la lutte contre la piraterie qui rentre dans les différentes missions de la Socam.
Organiser la carrière d’un artiste fait partie de vos missions ?
Les missions de la Socam sont de collecter et répartir l’argent mais nous avons également l’obligation de défendre les intérêts des artistes musiciens camerounais. C’est ce que nous faisons justement quand nous allons nouer des partenariats avec une institution bancaire pour qu’elle facilite l’accès au crédit aux artistes qui n’ont pas toujours cette facilité.
Est-ce que vous rassurer les artistes ?
C’est ce que nous faisons justement et je puis vous assurer que ces dispositions que nous sommes en train de prendre permettront d’améliorer le niveau de vie des artistes musiciens camerounais. Je pense, au vu des échos que j’ai eus au lendemain de la répartition du 20 janvier dernier, que tout se passe bien et que nous les avons déjà rassuré. C’est légitime qu’au départ certains artistes aient eu des inquiétudes et aient voulu voir plus clair avant de se lancer. Je pense que nous les avons déjà rassurés. La preuve, il y en a qui sont en train de revenir vers nous et nous les accueillons avec joie. De plus, vous semblez minimiser notre souci de venir en aide aux artistes mais il faut savoir que nous avons un fonds social et culturel pour promouvoir les activités musicales camerounaises. Nous ne travaillons par sur des dossiers de manière séquentielle mais simultanée.
Combien d’adhérents compte la Socam à ce jour?
Nous en avons déjà environ 1500 mais il faut souligner que depuis la répartition qui a été opérée le 20 janvier, beaucoup de personnes comme Ben Decca viennent vers nous.
Qu’est ce qui justifie votre optimisme ?
Je le suis effectivement car je pense que j’ai le bagage nécessaire pour le faire et nous comptons travailler en nous assurant que les choses se font comme elles doivent l’être. Notre inquiétude peut juste venir de la nature humaine car nous ne savons jamais ce qui peut se passer dans la tête de quelqu’un. De plus, je pense qu’avec mon background de diplômé en gestion d’entreprises et en propriété intellectuelle, je peux m’en occuper. Nous voulons tenir le cap des réformes et organiser une révolution douce.
Propos recueillis par Dorine Ekwè
