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Le Ngondo : Un héritage culturel et traditionnel ressuscité

by mboasawa
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Le Ngondo, une institution ancestrale de la société duala, renaît de ses cendres, révélant un héritage culturel et traditionnel d’une richesse inestimable.

Autrefois une fédération de lignages partageant des destins communs, des croyances identiques et des attitudes similaires, le Ngondo a évolué au fil des âges, s’adaptant aux changements sociopolitiques et conservant sa signification profonde.

À l’origine, le Ngondo était une assemblée et un tribunal du peuple duala, chargé de réguler la société et de maintenir la paix et la sécurité. Sous les auspices des ancêtres communs et du dieu tutélaire Nyambé, les patriciens de différentes lignées se réunissaient et désignaient un chef pour prendre des décisions souveraines sur les affaires qui leur étaient soumises. Cette institution était un mécanisme de régulation sociale pour un peuple fier et jaloux de son autonomie.

Mais le Ngondo était bien plus qu’une simple assemblée ou un tribunal. C’était aussi un instrument ésotérique, une alchimie mentale ordonnancée selon un rituel en sept séquences. Les ancêtres étaient invoqués, les offrandes étaient faites à Nyambé, et les énergies généreusement dispensées étaient recueillies. Le rite de purification symbolisait la transition entre le passé et l’avenir, libérant les participants des querelles et des problèmes non résolus. La cérémonie culminait avec l’immersion de la marmite sacrée et la révélation du message prophétique pour les douze mois à venir. Les réjouissances populaires, dans l’esprit du carnaval, célébraient le début d’une nouvelle période.

Malheureusement, en 1912, les Allemands interdirent le Ngondo dans un contexte de contestation foncière à Bonanjo, cherchant ainsi à étouffer l’âme rebelle de ce peuple créatif. Mais tel un phénix, le Ngondo renaquit de ses cendres en 1949, après une période d’anesthésie imposée par le régime de l’indigénat. Il retrouva sa signification mystique et son rituel régulier, avec des dignitaires investis des pouvoirs et de l’autorité nécessaires.

Depuis lors, le Ngondo a connu des périodes d’éclipse et de renaissance, mais il a toujours su préserver son essence culturelle et traditionnelle. Aujourd’hui, il ambitionne de s’étendre à toutes les sensibilités de l’aire géographique Sawa, de Campo à Bakassi, de Douala à Mamfé, en passant par Nkongsamba et Santchou. Cette institution reflète la diversité de la culture sawa, marquée par des contradictions, des traditions, des utopies et des idéologies.

Le Ngondo incarne un héritage culturel et traditionnel vivant, une expression de l’intellect et de la spiritualité des peuples duala. Il relie les croyances et les coutumes, favorisant une coexistence harmonieuse dans la différence. Le Ngondo est à la fois une affirmation de l’identité et une invitation à l’ouverture. Il est un rappel constant de l’importance de préserver les traditions tout en embrassant les influences modernes sans se perdre dans l’acculturation.

Ainsi, le Ngondo continue d’occuper une place prépondérante dans la société duala, comme un gardien de la mémoire collective et un moteur du vivre-ensemble. Il est un témoignage vivant de la persévérance et de la résilience d’un peuple qui, malgré les vicissitudes de l’histoire, maintient fièrement ses traditions et son héritage culturel. Que le Ngondo continue de briller, symbole d’une identité en perpétuelle évolution, tout en préservant le lien précieux avec le passé.

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Sweet Mother de Nico Mbarga : Un hommage aux mères et 30 ans de succès populaire

by mboasawa
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1976, une bombe s’abat sur l’Afrique ! En pleines années funky, alors que le continent noir vibre toujours autant au son congolais, un hommage émouvant, à demi pleurnichard et débordant de naïveté à maman retentit dans toutes les capitales, boîtes de nuits et gargotes de quartier. Le prince Nico Mbarga dans un album inoubliable, Aki Special, rentre dans l’histoire musicale très disputée d’une scène qui ne manque pas de compétiteurs. –  

Son groupe, le Rockafil Jazz, au sein duquel il assure et le leadership, et la première voix et la guitare de pointe, est composé d’un personnel dont les noms, cités entre les salves d’animations et respirations de l’aristocrate, sont désormais eux aussi connus de tous. Jean Chachua à la guitare rythmique est soutenu par une basse lourde limite ronflante mais hautement groovy de Morris, alors que Franco Okolo aux percussions tient la responsabilité éminente de faire voler en éclat la pseudo retenue d’avant transes. Les chœurs farouchement entraînants et sobres tout à la fois sont réglés par la paire Pirol et Thommysco Kumm, le rythmicien en titre et autre star du groupe étant le batteur au nom reconnaissable en mille, Ashagasha.
Les sept titres du mégalithe sont parcourus chacun en pas moins de 8 minutes, la bataille du «corps à corps» et du «serré» faisant rage et pour bien des amateurs, lascifs ou rarement neutres, la durée du plaisir n’est guère excessive. Chaleurs et sueurs n’y font, Sweet Mother est irrésistible.
La géniale trouvaille de Nico Mbarga, sa touche inaliénable, se trouve pourtant déjà gravée dans sa biculturalité et sa binationalité camerouno-nigériane. Ayant vécu des deux côtés de chez les frères ennemis et s’étant employé à tirer le meilleur de cette double appartenance aux frontières des limites de l’Afrique de l’Ouest de l’Afrique centrale, Nico Mbarga a pu confectionner une mouture musicale personnalisée entre High Life et rythmes congolais. Un composé énergique qui sonne nigérian, ghanéen, camerounais, congolais, et qui emprunte à Cuba au besoin.
L’effusion d’hystérie de masse déchaînée par Sweet Mother a bien sûr à voir avec les solutions purement musicales qui font de cette rythmique un titre passepartout. Le parler pidgin, anglais africain peu académique, vecteur de démocratisation populaire rajoute une force de diffusion à une œuvre qui n’en redemande pas. Les prononciations lentes et articulées sur un texte d’une grande simplicité relevant de la candeur enfantine et une écriture facilement mémorisable et répétitive s’applique à un thème d’une popularité étonnante de longévité.
La gratitude infinie exprimée à sa maman, prête au sacrifice de sa vie, par un jeune homme traversé par l’émotion, au-delà des bornes crée un sentiment d’empathie avec le narrateur-chanteur, incarnation de lui-même et de tous, représentation collective personnalisée. Sweet Mother et Nico Mbarga seront dés lors partout en Afrique noire chez eux, des décennies durant.
C’est ainsi que la BBC programme Afrique organisant un vote sur ses ondes et son site internet en 2005, concluait forte de 2500 opinions exprimées que Sweet Mother était le tube des tubes africains. Plausible même si la liste des propositions comportait un évident biais anglophone, seul Mario du Congolais lingalaphone Franco étant proposé au choix des participants.
Le long et émouvant hommage, parlé et chanté dans un style direct s’adressant à sa maman sans l’intermédiaire d’un récit ou autre artifice, perçu comme mouvement de sincérité, relation filiale authentique, touche au cœur l’enfant qui sommeille en ces grandes personnes. Les thèmes de la mère, de la femme incommensurable, de la gratitude, de l’impossible être sans la mère sont des équilibres culturels que le continent se partage équitablement. La description des acrobaties maternelles affrontant peines, insomnies, privations, maladies, infortunes, rapprochent de tellement d’expériences humaines que la majorité s’y retrouve, ne serait-ce que par procuration. Là réside probablement, entre groove intemporel et texte éternel, entre simplicité de la parole et clarté musicale, la clé profane d’un succès populaire rarement égalé. On parle de plus 13 millions de ventes !   
Pour les 30 ans d’un des tubes des tubes africains les paroles ne nous feront pas de mal, et pourquoi pas chanter en chœur. One, two, one, two wi na go

 
Source : http://www.afrikara.com

Sweet Mother,
Prince Nico Mbarga, 1976

Sweet mother I no go forget you
for the suffer wey you suffer for me.

Sweet mother I no go forget you
for the suffer wey you suffer for me.

When I dey cry, my mother go carry me–she go say,
‘my pikin’, wetin you dey cry ye, ye,
stop stop, stop stop make you no cry again oh."

When I won sleep, my mother go pet me,
she go lie me well well for bed,
she cover me cloth, sing me to sleep,
"sleep sleep my pikin oh."

When I dey hungry, my mother go run up and down.
she go find me something when I go chop oh.

Sweet mother I no go forget you for the suffer wey you suffer for me

When I dey sick, my mother go cry, cry, cry,
she go say instead when I go die make she die.

O, she go beg God,
"God help me, God help, my pikin oh."

If I no sleep, my mother no go sleep,
if I no chop, my mother no go chop, she no dey tire oh.

Sweet mother I no go forget you,
for the suffer wey you suffer for me.

You fit get another wife, you fit get another husband,
but you fit get another mother? No!

And if I forget you, therefore I forget my life and the air I breathe.

And then on to you men, forget, verily, forget your mother,
for if you forget your mother you’ve lost your life.

 

Sweet Mother en écoute ici Cliquez !!

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