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Siyam Siwe déroule son plaidoyer

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Affaire Pad :


L’ex-Dg a donné sa version des faits hier, jeudi 10 juillet 2008, sur la gestion financière de la société.
Eugène Dipanda


Comme lors du procès en instance, le ministère public ne lui a pas fait de cadeaux mercredi dernier, au sujet dépenses supposées illégales effectuées pendant son passage à la tête du Port autonome de Douala (Pad). A l’audience de la cour d’appel du Littoral hier, jeudi 10 juillet 2008, M. Alphonse Siyam Siwe se devait donc de réagir à toutes les "attaques" dont il a été l’objet dans le cadre de sa gestion financière du Pad. Au-delà des exceptions soulevées par la défense, il a donc principalement été question d’indiquer au collège des juges de la cour d’appel, ce qui est concrètement reproché au premier jugement rendu par la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Douala.

Et pour ce volet précis concernant la gestion financière du Pad, l’ex-Dg Alphonse Siyam Siwe a préparé un exposé de motif "explosif", qui vient démonter point par point toutes les charges ayant conduit à sa condamnation par le Tgi. L’accusé estime notamment que les quatre mécanismes prétendus de fraude que le Contrôle supérieur de l’Etat a cru devoir démasquer lors des investigations de ses agents au Pad, ne sont que pure affabulation. "Depuis l’information judiciaire jusqu’au jugement de condamnation, il n’a pas été tenu compte du fait que le Pad est une société anonyme et non une société publique", indique, d’emblée, M. Siyam Siwe.

Et pourtant, a-t-il poursuivi à l’attention des juges de la cour d’appel, "Tout au long de la procédure, la gestion financière du Pad a été évaluée suivant les règles de la comptabilité publique ; alors que le Pad est soumis aux règles de la comptabilité privée". Pour soutenir son propos, M. Alphonse Siyam Siwe se fonde, entre autres, sur la loi du 22 décembre 1999 portant statut général des établissements publics et parapublics, et sur l’article 33 des statuts du Pad. "L’accusation a constamment perdu de vue que la validation des actes de gestion, l’apurement des dépenses, l’arrêté des états financiers et leur approbation, ne relèvent pas du Dg du Pad et encore moins des services financiers internes du Pad", a indiqué l’ex-Dg. Lequel précise que ces actes sont le fait des commissaires aux comptes, du conseil d’administration et de l’Assemblée générale des actionnaires de la société.

Paradoxe
Par ailleurs, selon M. Alphonse Siyam Siwe, "Il n’a pas été tenu compte des dispositions de la loi qui veulent que, lorsqu’un fonctionnaire a agit dans les limites de sa compétence, les actes faits par lui sont présumés réguliers". Mieux encore, soutient l’ex-Dg, "dans les organismes publics et des entreprises d’Etat où les comptables ne sont pas des comptables publics, la responsabilité des comptables est appréciée et sanctionnée suivant les règles qui sont propres à ces organismes et entreprises". Les statuts du Pad, dit la défense, l’illustrent d’ailleurs fort à suffire : "Les comptes du Pad sont apurés suivant les règles qui sont propres au Pad", évoquent les avocats. Le 16 mars 2006 pourtant, l’expert judiciaire commis par le magistrat instructeur pour rétablir d’éventuelles irrégularités dans la gestion du Pad, n’aurait pas tenu compte de tous ces paramètres, a rappelé M. Alphonse Siyam Siwe à la cour.

L’ex-Dg en a ainsi profité pour critiquer la méthodologie appliquée par ces experts, et qui figure dans leur rapport final constituant le socle des poursuites. "A aucun moment, ils ne se sont pas posés la question de savoir quelles sont les règles applicables au Pad. Plusieurs erreurs sont donc contenues dans la conclusion de leurs travaux", relève M. Alphonse Siyam Siwe. Son l’ex-Dg, en effet, "L’intégralité des dépenses querellées a été régulièrement engagée et apurée par les organes financiers du Pad. Jusqu’à ce jour, aucune contestation des organes statutaires du Pad n’a été enregistrée concernant les dépenses jugées illégales par l’accusation". Le bilan annuel du Pad pour le compte de l’année 2004 a d’ailleurs été versé au dossier, avec des dépenses de plus de 112 millions Fcfa approuvées par l’Assemblée générale du Pad. M. Alphonse Siyam Siwe ne semble donc pas comprendre qu’il ait été condamné en instance pour des faits validés par les véritables "propriétaires" du Pad. "J’ai été condamné sur la base des faits non fondés, en violation de la loi. Je demande donc à la cour de bien vouloir m’acquitter…", a conclu M. Alphonse Siyam Siwe. La poursuite des débats a été remise au mardi 29 juillet 2008.

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L’ex-Dg a donné sa version des faits hier, jeudi 10 juillet 2008, sur la gestion financière de la société.
Eugène Dipanda


Comme lors du procès en instance, le ministère public ne lui a pas fait de cadeaux mercredi dernier, au sujet dépenses supposées illégales effectuées pendant son passage à la tête du Port autonome de Douala (Pad). A l’audience de la cour d’appel du Littoral hier, jeudi 10 juillet 2008, M. Alphonse Siyam Siwe se devait donc de réagir à toutes les "attaques" dont il a été l’objet dans le cadre de sa gestion financière du Pad. Au-delà des exceptions soulevées par la défense, il a donc principalement été question d’indiquer au collège des juges de la cour d’appel, ce qui est concrètement reproché au premier jugement rendu par la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Douala.

Et pour ce volet précis concernant la gestion financière du Pad, l’ex-Dg Alphonse Siyam Siwe a préparé un exposé de motif "explosif", qui vient démonter point par point toutes les charges ayant conduit à sa condamnation par le Tgi. L’accusé estime notamment que les quatre mécanismes prétendus de fraude que le Contrôle supérieur de l’Etat a cru devoir démasquer lors des investigations de ses agents au Pad, ne sont que pure affabulation. "Depuis l’information judiciaire jusqu’au jugement de condamnation, il n’a pas été tenu compte du fait que le Pad est une société anonyme et non une société publique", indique, d’emblée, M. Siyam Siwe.

Et pourtant, a-t-il poursuivi à l’attention des juges de la cour d’appel, "Tout au long de la procédure, la gestion financière du Pad a été évaluée suivant les règles de la comptabilité publique ; alors que le Pad est soumis aux règles de la comptabilité privée". Pour soutenir son propos, M. Alphonse Siyam Siwe se fonde, entre autres, sur la loi du 22 décembre 1999 portant statut général des établissements publics et parapublics, et sur l’article 33 des statuts du Pad. "L’accusation a constamment perdu de vue que la validation des actes de gestion, l’apurement des dépenses, l’arrêté des états financiers et leur approbation, ne relèvent pas du Dg du Pad et encore moins des services financiers internes du Pad", a indiqué l’ex-Dg. Lequel précise que ces actes sont le fait des commissaires aux comptes, du conseil d’administration et de l’Assemblée générale des actionnaires de la société.

Paradoxe
Par ailleurs, selon M. Alphonse Siyam Siwe, "Il n’a pas été tenu compte des dispositions de la loi qui veulent que, lorsqu’un fonctionnaire a agit dans les limites de sa compétence, les actes faits par lui sont présumés réguliers". Mieux encore, soutient l’ex-Dg, "dans les organismes publics et des entreprises d’Etat où les comptables ne sont pas des comptables publics, la responsabilité des comptables est appréciée et sanctionnée suivant les règles qui sont propres à ces organismes et entreprises". Les statuts du Pad, dit la défense, l’illustrent d’ailleurs fort à suffire : "Les comptes du Pad sont apurés suivant les règles qui sont propres au Pad", évoquent les avocats. Le 16 mars 2006 pourtant, l’expert judiciaire commis par le magistrat instructeur pour rétablir d’éventuelles irrégularités dans la gestion du Pad, n’aurait pas tenu compte de tous ces paramètres, a rappelé M. Alphonse Siyam Siwe à la cour.

L’ex-Dg en a ainsi profité pour critiquer la méthodologie appliquée par ces experts, et qui figure dans leur rapport final constituant le socle des poursuites. "A aucun moment, ils ne se sont pas posés la question de savoir quelles sont les règles applicables au Pad. Plusieurs erreurs sont donc contenues dans la conclusion de leurs travaux", relève M. Alphonse Siyam Siwe. Son l’ex-Dg, en effet, "L’intégralité des dépenses querellées a été régulièrement engagée et apurée par les organes financiers du Pad. Jusqu’à ce jour, aucune contestation des organes statutaires du Pad n’a été enregistrée concernant les dépenses jugées illégales par l’accusation". Le bilan annuel du Pad pour le compte de l’année 2004 a d’ailleurs été versé au dossier, avec des dépenses de plus de 112 millions Fcfa approuvées par l’Assemblée générale du Pad. M. Alphonse Siyam Siwe ne semble donc pas comprendre qu’il ait été condamné en instance pour des faits validés par les véritables "propriétaires" du Pad. "J’ai été condamné sur la base des faits non fondés, en violation de la loi. Je demande donc à la cour de bien vouloir m’acquitter…", a conclu M. Alphonse Siyam Siwe. La poursuite des débats a été remise au mardi 29 juillet 2008.

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L’ex-Dg a donné sa version des faits hier, jeudi 10 juillet 2008, sur la gestion financière de la société.
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Comme lors du procès en instance, le ministère public ne lui a pas fait de cadeaux mercredi dernier, au sujet dépenses supposées illégales effectuées pendant son passage à la tête du Port autonome de Douala (Pad). A l’audience de la cour d’appel du Littoral hier, jeudi 10 juillet 2008, M. Alphonse Siyam Siwe se devait donc de réagir à toutes les "attaques" dont il a été l’objet dans le cadre de sa gestion financière du Pad. Au-delà des exceptions soulevées par la défense, il a donc principalement été question d’indiquer au collège des juges de la cour d’appel, ce qui est concrètement reproché au premier jugement rendu par la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Douala.

Et pour ce volet précis concernant la gestion financière du Pad, l’ex-Dg Alphonse Siyam Siwe a préparé un exposé de motif "explosif", qui vient démonter point par point toutes les charges ayant conduit à sa condamnation par le Tgi. L’accusé estime notamment que les quatre mécanismes prétendus de fraude que le Contrôle supérieur de l’Etat a cru devoir démasquer lors des investigations de ses agents au Pad, ne sont que pure affabulation. "Depuis l’information judiciaire jusqu’au jugement de condamnation, il n’a pas été tenu compte du fait que le Pad est une société anonyme et non une société publique", indique, d’emblée, M. Siyam Siwe.

Et pourtant, a-t-il poursuivi à l’attention des juges de la cour d’appel, "Tout au long de la procédure, la gestion financière du Pad a été évaluée suivant les règles de la comptabilité publique ; alors que le Pad est soumis aux règles de la comptabilité privée". Pour soutenir son propos, M. Alphonse Siyam Siwe se fonde, entre autres, sur la loi du 22 décembre 1999 portant statut général des établissements publics et parapublics, et sur l’article 33 des statuts du Pad. "L’accusation a constamment perdu de vue que la validation des actes de gestion, l’apurement des dépenses, l’arrêté des états financiers et leur approbation, ne relèvent pas du Dg du Pad et encore moins des services financiers internes du Pad", a indiqué l’ex-Dg. Lequel précise que ces actes sont le fait des commissaires aux comptes, du conseil d’administration et de l’Assemblée générale des actionnaires de la société.

Paradoxe
Par ailleurs, selon M. Alphonse Siyam Siwe, "Il n’a pas été tenu compte des dispositions de la loi qui veulent que, lorsqu’un fonctionnaire a agit dans les limites de sa compétence, les actes faits par lui sont présumés réguliers". Mieux encore, soutient l’ex-Dg, "dans les organismes publics et des entreprises d’Etat où les comptables ne sont pas des comptables publics, la responsabilité des comptables est appréciée et sanctionnée suivant les règles qui sont propres à ces organismes et entreprises". Les statuts du Pad, dit la défense, l’illustrent d’ailleurs fort à suffire : "Les comptes du Pad sont apurés suivant les règles qui sont propres au Pad", évoquent les avocats. Le 16 mars 2006 pourtant, l’expert judiciaire commis par le magistrat instructeur pour rétablir d’éventuelles irrégularités dans la gestion du Pad, n’aurait pas tenu compte de tous ces paramètres, a rappelé M. Alphonse Siyam Siwe à la cour.

L’ex-Dg en a ainsi profité pour critiquer la méthodologie appliquée par ces experts, et qui figure dans leur rapport final constituant le socle des poursuites. "A aucun moment, ils ne se sont pas posés la question de savoir quelles sont les règles applicables au Pad. Plusieurs erreurs sont donc contenues dans la conclusion de leurs travaux", relève M. Alphonse Siyam Siwe. Son l’ex-Dg, en effet, "L’intégralité des dépenses querellées a été régulièrement engagée et apurée par les organes financiers du Pad. Jusqu’à ce jour, aucune contestation des organes statutaires du Pad n’a été enregistrée concernant les dépenses jugées illégales par l’accusation". Le bilan annuel du Pad pour le compte de l’année 2004 a d’ailleurs été versé au dossier, avec des dépenses de plus de 112 millions Fcfa approuvées par l’Assemblée générale du Pad. M. Alphonse Siyam Siwe ne semble donc pas comprendre qu’il ait été condamné en instance pour des faits validés par les véritables "propriétaires" du Pad. "J’ai été condamné sur la base des faits non fondés, en violation de la loi. Je demande donc à la cour de bien vouloir m’acquitter…", a conclu M. Alphonse Siyam Siwe. La poursuite des débats a été remise au mardi 29 juillet 2008.

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Comme lors du procès en instance, le ministère public ne lui a pas fait de cadeaux mercredi dernier, au sujet dépenses supposées illégales effectuées pendant son passage à la tête du Port autonome de Douala (Pad). A l’audience de la cour d’appel du Littoral hier, jeudi 10 juillet 2008, M. Alphonse Siyam Siwe se devait donc de réagir à toutes les "attaques" dont il a été l’objet dans le cadre de sa gestion financière du Pad. Au-delà des exceptions soulevées par la défense, il a donc principalement été question d’indiquer au collège des juges de la cour d’appel, ce qui est concrètement reproché au premier jugement rendu par la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Douala.

Et pour ce volet précis concernant la gestion financière du Pad, l’ex-Dg Alphonse Siyam Siwe a préparé un exposé de motif "explosif", qui vient démonter point par point toutes les charges ayant conduit à sa condamnation par le Tgi. L’accusé estime notamment que les quatre mécanismes prétendus de fraude que le Contrôle supérieur de l’Etat a cru devoir démasquer lors des investigations de ses agents au Pad, ne sont que pure affabulation. "Depuis l’information judiciaire jusqu’au jugement de condamnation, il n’a pas été tenu compte du fait que le Pad est une société anonyme et non une société publique", indique, d’emblée, M. Siyam Siwe.

Et pourtant, a-t-il poursuivi à l’attention des juges de la cour d’appel, "Tout au long de la procédure, la gestion financière du Pad a été évaluée suivant les règles de la comptabilité publique ; alors que le Pad est soumis aux règles de la comptabilité privée". Pour soutenir son propos, M. Alphonse Siyam Siwe se fonde, entre autres, sur la loi du 22 décembre 1999 portant statut général des établissements publics et parapublics, et sur l’article 33 des statuts du Pad. "L’accusation a constamment perdu de vue que la validation des actes de gestion, l’apurement des dépenses, l’arrêté des états financiers et leur approbation, ne relèvent pas du Dg du Pad et encore moins des services financiers internes du Pad", a indiqué l’ex-Dg. Lequel précise que ces actes sont le fait des commissaires aux comptes, du conseil d’administration et de l’Assemblée générale des actionnaires de la société.

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Par ailleurs, selon M. Alphonse Siyam Siwe, "Il n’a pas été tenu compte des dispositions de la loi qui veulent que, lorsqu’un fonctionnaire a agit dans les limites de sa compétence, les actes faits par lui sont présumés réguliers". Mieux encore, soutient l’ex-Dg, "dans les organismes publics et des entreprises d’Etat où les comptables ne sont pas des comptables publics, la responsabilité des comptables est appréciée et sanctionnée suivant les règles qui sont propres à ces organismes et entreprises". Les statuts du Pad, dit la défense, l’illustrent d’ailleurs fort à suffire : "Les comptes du Pad sont apurés suivant les règles qui sont propres au Pad", évoquent les avocats. Le 16 mars 2006 pourtant, l’expert judiciaire commis par le magistrat instructeur pour rétablir d’éventuelles irrégularités dans la gestion du Pad, n’aurait pas tenu compte de tous ces paramètres, a rappelé M. Alphonse Siyam Siwe à la cour.

L’ex-Dg en a ainsi profité pour critiquer la méthodologie appliquée par ces experts, et qui figure dans leur rapport final constituant le socle des poursuites. "A aucun moment, ils ne se sont pas posés la question de savoir quelles sont les règles applicables au Pad. Plusieurs erreurs sont donc contenues dans la conclusion de leurs travaux", relève M. Alphonse Siyam Siwe. Son l’ex-Dg, en effet, "L’intégralité des dépenses querellées a été régulièrement engagée et apurée par les organes financiers du Pad. Jusqu’à ce jour, aucune contestation des organes statutaires du Pad n’a été enregistrée concernant les dépenses jugées illégales par l’accusation". Le bilan annuel du Pad pour le compte de l’année 2004 a d’ailleurs été versé au dossier, avec des dépenses de plus de 112 millions Fcfa approuvées par l’Assemblée générale du Pad. M. Alphonse Siyam Siwe ne semble donc pas comprendre qu’il ait été condamné en instance pour des faits validés par les véritables "propriétaires" du Pad. "J’ai été condamné sur la base des faits non fondés, en violation de la loi. Je demande donc à la cour de bien vouloir m’acquitter…", a conclu M. Alphonse Siyam Siwe. La poursuite des débats a été remise au mardi 29 juillet 2008.

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Etoundi Zeyang : C’est l’Etat qui a tué le théâtre au Cameroun

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Le directeur du Festival africain de théâtre pour l’enfance et la jeunesse (Fatej) jette un regard critique sur cet art.
Propos recueillis par Dorine Ekwè –




Depuis le mois de janvier vous animez une formation de jeunes au théâtre à l’institut Gœthe de Yaoundé. De quoi s’agit-il ?
C’est un programme pédagogique pour l’enseignement de la langue allemande organisé par l’institut Goethe chaque année. Seulement, pour cette édition, l’institut a poussé plus loin en mêlant le côté artistique au projet. De façon concrète, il s’agit de monter une comédie musicale avec des enfants qui apprennent l’allemand à l’école. Il est question pour le théâtre du chocolat d’apporter l’expertise artistique nécessaire.

Votre association, " Le théâtre du chocolat ", s’est souvent illustrée dans la formation des jeunes au théâtre. Cette collaboration avec le Goethe institut entre-t-elle dans ce cadre ?
Oui, tout à fait. Le Théâtre du chocolat est dans son élément. Pendant des années nous avons animé des formations pour les jeunes. Nous avons arrêté cela parce que certains avaient des financements et nous pas. Nous aurions souhaité que ce soit avec l’argent de l’Etat camerounais que nous reprenions cette initiative. Ce sont des financements étrangers qui nous le permettent. Nous l’acceptons.

Comment seront exploités les résultats de cette formation ?
Nous organiserons une série de représentations au Centre culturel français de Yaoundé du 07 au 10 avril prochains. Elles seront ouvertes au public. Ce dernier n’a pas de craintes à avoir pour ce qui est de la langue car, tel que nous montons ce spectacle, l’histoire peut être suivie par des personnes qui ne parlent pas allemand. Il ne s’agit pas de dire le texte mais de le jouer donc, faire du vrai théâtre. Le texte n’est qu’un accessoire. C’est le jeu qui est important et c’est dans cette logique que nous travaillons.

Vous vous êtes fait un nom dans le théâtre pour enfants mais depuis quelques temps on vous sent de moins en moins présent…
Il y a deux ans, nous avons présenté un projet de théâtre à l’école. Il s’agissait d’aller dans les petites villes et d’y apporter le théâtre. Il s’agissait bien de théâtre mais pas d’animation. Une quinzaine de villes ont vu notre participation. Lorsque nous avons ramené le bilan de cette phase qui démontrait bien que dans ces petites villes et dans les grandes on attendait le théâtre, j’ai trouvé hallucinant que le ministère de la Culture dise que ce projet ne pouvait être financé alors que pendant de longues années nous avons investi sur des fonds propres pour l’épanouissement du théâtre pour enfants. C’est pour cette raison que nous avons arrêté de nous rendre dans des zones périphériques car, c’est tout un budget à gérer que nous n’avons pas.

Pensez-vous que ce soit la solution de tout laisser tomber parce que vous n’avez pas reçu de financements du Mincult ?
Nous n’avons pas tout laissé tomber. Nous nous sommes juste réajusté par rapport aux moyens dont nous disposons. La réalité veut que sur Yaoundé on ne perde pas assez d’argent mais lorsque l’on sort, il y a des charges qui s’ajoutent et qu’il faut amortir. C’est du service public que nous faisons. Le fonds d’aide aux initiatives culturelles doit servir à cela. Il doit être rationnellement distribué à la culture. Ce qui n’est pas toujours le cas car, il y a des problèmes de clarté dans la gestion de ce fonds et de volonté politique. Maintenant, nous préférons aller à l’étranger. C’est plus serein. En restant au Cameroun nous faisons juste de la résistance car la plupart des compagnies ont plié bagages.

Ce mois de mars est baptisé mois du théâtre en prélude à la journée internationale du théâtre qui sera célébrée le 27 mars prochain…
Je suis embarrassé face à cette agitation que l’on fait autour du mois du théâtre alors que tout au long de l’année on a tout fait pour que le théâtre ne marche pas. Le public est parti parce que les charlatans ont envahi la chapelle. A un moment donné, dans les années 1980, tout le monde a cru que tout le monde pouvait faire du théâtre. Et lorsqu’il marchait, les pouvoirs publics ont enfoncé le théâtre parce que inquiets de la force qu’il prenait et du ton des metteurs en scène et comédiens. Et tout le monde le regrette aujourd’hui. Cela a ouvert une brèche aux charlatans et c’est pour cette raison que le théâtre peine à se lever. De plus, les gens y viennent désormais en pensant qu’ils se feront de l’argent et déchantent par la suite. Ce qu’il faut savoir c’est qu’il faut d’abord aimer le théâtre avant de vouloir en faire la promotion.

Mise au point


A Monsieur le directeur de publication du quotidien Mutations, Yaoundé
Etoundi Zeyang


Etoundi Zeyang
Directeur du Théâtre du Chocolat
B.P: 2280 Yaoundé – Cameroun

Objet: Mise au point suite à mon
Interview du jeudi 13 mars 2008.

Monsieur le Directeur
C’est avec un réel intérêt et une insistance particulière que je viens auprès de vous solliciter une mise au point suite à une de mes interviews parue dans votre journal n° 2112 du jeudi 13 mars 2008.
Il n’est pas dans mes habitudes d’intervenir dans ce cadre là mais il me semble que la confusion et les propos qui m’ont été attribués me semblent graves, pour ne pas réagir.
Contacté par votre collaboratrice Mme Dorine Ekwe pour parler du projet international dans lequel mon équipe et moi sommes impliqués, grande a été ma surprise de lire en titre: Etoundi Zeyang " Le Gouvernement a tué le théâtre
Non seulement au cour de notre entretien je n’ai tenu de tels propos mais en plus ma réponse à la situation du théstre qui était la question de fin a été galvaudée et je me permets de vous reprendre la fin de notre entretien car méme si jai pris de l’âge ma mémoire me reste fidèle.

Dorine Ekwe: Alors on ne vous sent plus beaucoup que se passe t-il ?
Réponse: Non de moins en moins nous sommes là, nous préférons orienter notre travail vers l’international parce que nationalement nous avons beaucoup de difficultés budgétaires. C’est pourquoi de plus en plus nous sommes sur Yaoundé uniquement et de temps en temps à Douala.
Dorine Ekwe: Ça veut dire que vous démissionnez
Réponse: Pas du tout nous sommes là. Il me semble que nous sommes les seuls à tenir.
Dorine Ekwe: comment expliquez-vous cette situation ?
Réponse: Nous payons ce jour tout ce qui s’est passé dans les années 80. Le théâtre marchait et l’Etat a pris peur. Pour contrer le mouvement l’Etat a laissé les aventuriers infiltrer le théâtre. Vingt ans plus tard. Ils sont les plus nombreux et parlent fort.

Voilà les réponses aux questions posées sur la situation du théâtre camerounais. Ma surprise est grande de lire les titres attribués suite à cet entretien consacré au projet que nous pilotons en ce moment. Je suis surpris que cela vienne de mutations ce canard qui a accompagné notre action et où nous comptons beaucoup d’amis sauf si à ce jour je me trompe. Comment expliquer que j’étais à cet entretien comme Directeur du théâtre du Chocolat et à ma grande surprise c’est mon titre de Directeur du Fatej qui est mis à la une. Je refuse d’accepter que Mutations soit aussi entré dans cette logique de soutien aux intérêts absurdes et cela me rappellent les années 2004 où un festival qui se dit " rival " avait monté une cabale à travers un journal dans lequel des propos m’étaient attribués juste pour empêcher le soutien du Ministère de la Culture au Fatej.
Monsieur le Directeur pour ceux qui me connaissent, j’ai toujours dit ce que je pensais quelque soit les lieux, la personne et les conditions dans lesquelles je me trouve et il se passe qu’en ce moment je suis loin de tenir les propos qui mont été attribués en titre dans votre journal parce que depuis quelques temps nous sentons un vent de changement du côté du Ministère de la culture: en décembre dernier! nous avons été conviés à une réunion de concentration et en ce moment plusieurs de nos projets internationaux sont entrain d’être soutenus par le Ministère de tutelle. Il serait donc injustifié et inopportun que de tels propos soient tenus par moi
Fort de ce qui précède, je vous saurais gré de respecter les normes déontologiques pour me rétablir dans mes droits.
Je vous prie de croire, Monsieur le Directeur à l’assurance de ma très haute considération.

Note de la rédaction
C’est avec surprise que nous découvrons l’ardeur avec laquelle M. Etoundi Zeyang tient à faire cette mise au point suite à une de " [ses] interviews " parue dans l’édition 2112 du jeudi 13 mars 2008. D’emblée, nous tenons à préciser que M. Etoundi Zeyang n’a accordé qu’une seule interview dans cette édition de notre journal. De même, nous sommes bien indignés que quelqu’un qui a pris de l’âge comme il le rappelle dans sa mise au point en arrive à nier des propos qu’il a bel et bien tenus. Car, la valeur d’une personne qui a pris de l’âge réside dans sa capacité à assumer les propos qu’elle tient, quels qu’ils soient, et ne se rétracte pas lorsque son audace menace d’être châtiée comme c’est actuellement le cas pour M. Zeyang qui s’apprêtait, d’après ses confidences, à bénéficier d’une subvention du ministère de la Culture pour un voyage qu’il devrait effectuer pour l’Italie. Lequel ministère se serait étonné et indigné de la sortie inopportune faite par ce dernier, qui venait pourtant leur tendre la sébile.

Et nous regrettons la façon dont il s’échine, dans sa mise au point, à travestir la vérité pour satisfaire ses bailleurs de fonds lorsqu’il affirme s’être limité à dire : "Nous payons ce jour tout ce qui s’est passé dans les années 80. Lé théâtre marchait et l’Etat a [sic] pris peur. Pour contrer le mouvement l’Etat a laissé les aventuriers infiltrer le théâtre. Vingt ans plus tard, ils sont les plus nombreux et parlent fort ". Répondant à la dernière question de cette interview, M. Etoundi Zeyang a affirmé, outré et hors de lui : "Je suis embarrassé face à cette agitation que l’on fait autour du mois du théâtre alors que tout au long de l’année on a tout fait pour que le théâtre ne marche pas. […] Dans les années 1980, tout le monde a cru que tout le monde pouvait faire du théâtre. Et lorsqu’il marchait, les pouvoirs publics ont enfoncé le théâtre parce que inquiets de la force qu’il prenait et du ton des metteurs en scène et comédiens. Et tout le monde le regrette aujourd’hui." Comme lui, nous regrettons aujourd’hui que M. Zeyang se remette à l’âge de cet enfant qui, pour protester à l’école, se cache sous son pupitre en pensant que l’instituteur ne l’entendra pas.

La Rédaction

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