La faute à une décision du sous-préfet de Yaoundé III, Martin Locko, qui a interdit la réunion d’hier.
Parfait Tabapsi
A l’heure qu’il est, ils sont nombreux les Yaoundéens qui se demandent encore ce qui a pu se passer hier. Eux qui s’étaient rendus à l’hôtel Hilton en vue de prendre part à une conférence-débat organisée par la Fondation Stanislas Melonè sur le thème "Déguerpissements urbains : controverses entre les enjeux de développement et les problèmes sociaux". Un débat où étaient pressentis l’architecte Théophile Yimgaing Moyo, l’urbaniste Athanase Bopda et surtout le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy), Gilbert Tsimi Evouna. Il s’agissait pour eux de discuter avec le public de cette actualité qui s’est installée dans la vie des habitants de la capitale depuis quelques mois et que tout laisse croire qu’elle sera plus poignante encore l’année prochaine, l’édile l’ayant assuré il y a peu.
Donc ils étaient nombreux à découvrir que le rendez-vous auquel les avait conviés la Fondation Stanislas Melone, du nom de l’ancien enseignant de droit aujourd’hui disparu, avait été purement et simplement interdit. D’ailleurs, ils ne trouveront point les organisateurs sur place, eux qui avaient été mis au courant de l’interdiction de la conférence par Martin M. Locko, le sous-préfet de Yaoundé III. Interdiction qui a été motivée, selon le secrétaire de la Fondation Vincent de Paul Nyoma, par "la loi de 1990 sur la liberté d’association".
Pour l’autorité administrative par contre, sa décision repose sur le non respect des délais de déclaration de manifestation. " Ce n’est que mardi qu’ils ont déposé leur demande à mes services ", a expliqué M. Locko que nous avons joint hier en soirée. Une interdiction qui n’a pas suivi les voies normales selon M. Nyoma.
Car "c’est ce même mercredi, vers 10h, que l’hôtel nous a fait savoir que le sous-préfet d’Efoulan a interdit la conférence ; ce que nous avons trouvé bizarre puisque nous pensions être informés directement de cette décision qui nous concernait tout de même au premier chef".
Malgré cela, il se rend avec son équipe à la sous-préfecture où Martin M. Locko les reçoit et les informe de la décision. Face à leur étonnement, il leur sera dit de "faire une requête d’indulgence par écrit que nous avons fait au bout de trois heures d’échanges avec le sous-préfet". Il est alors près de 14h30 mn. Et il devient donc impossible de tenir la conférence. Le réflexe des organisateurs sera, après qu’ils aient digéré la colère du moment, d’entrer en concertation avec les panélistes pour leur expliquer la situation et s’excuser de ce contretemps fâcheux.
Le public ne pourra plus donc écouter les panélistes qui allaient discourir sur des thèmes comme "Histoire et sociologie de l’installation des populations à Yaoundé ; toponymie des symboliques architecturales Ongola de la ville de Yaoundé ; déguerpissement urbain ; propriété foncière à l’épreuve de la restauration juridique de l’ordre social, enjeux économiques du déguerpissement ; déguerpissement, paix sociale et droit de la personne". Des thèmes que la Fondation souhaitait butiner à l’occasion, afin "de mieux informer les populations et les éduquer" sur les actions de la Cuy.
Un objectif qui n’a pas pu être atteint et qui a laissé la Fondation dans une colère maîtrisée. Pour M. Nyoma, "après avoir présenté nos excuses à nos panélistes, nos invités et le public, le temps sera alors venu de réfléchir avant d’entamer toute action, car nous tenons à la Fondation à être le plus légaliste possible". Un respect de la législation qui n’occultera point les sommes engagées à cette occasion par la Fondation au niveau notamment de la logistique. Un respect qui n’empêche pas aussi de réclamer le préjudice ainsi subi quand on sait que des voies de recours existent.

La révision, qui devait initialement être présentée vendredi à l’Assemblée, a été adoptée par 157 voix pour, 5 contre et 15 non votants, selon le ministre Grégoire Owona.