Il a fallu se pincer pour se rassurer hier qu’on ne rêve pas.
A.B.B.
Que là, en ce mois de septembre 2008, en pleine capitale politique du Cameroun, un sous préfet interdisait une conférence débat annoncée quelques jours auparavant et qui ne portait ni sur les conséquences de la révision de la constitution, ni sur les perspectives et les candidatures possibles à la présidentielle de 2011. Sujets qui fâchent pour le moins. Mais le rendez-vous de Yaoundé hier portait sur une préoccupation qui touche l’ensemble des Camerounais vivant en métropole comme dans les zones rurales, et qui concerne l’avenir de la capitale.
Nous avons constamment été de ceux qui ont encouragé le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna, dans son projet de modernisation de la cité capitale. Le pouvoir politique a tellement laissé les choses empirer qu’il fallait qu’un jour, quelqu’un décide de ramener l’ordre, la discipline et le respect de l’autorité de l’Etat. Et chaque yaoundéen, même dans la douleur de sa situation personnelle, peut apprécier positivement les changements successifs que présente la ville aux sept collines.
L’édile de la capitale n’a d’ailleurs jamais caché qu’il subissait de multiples pressions de la part de ceux qui voulaient le statu quo, au point où il ne craignait plus le pire, se déplaçant désormais avec un cercueil, pour faciliter les choses à ses bourreaux.
Mais qu’est ce qui peut donc expliquer le zèle du sous préfet à interdire cette conférence qui n’était, en réalité qu’un débat d’idées ? Que peut-on donc craindre de ses panélistes dont la préoccupation intellectuelle, fort louable, était de comprendre les liens qui peuvent sous-tendre les enjeux de développement et les préoccupations sociales des citadins ?
Parce que, si on a loué la rigueur et la détermination de Gilbert Tsimi Evouna, on avait également relevé qu’il était illusoire de penser que le délégué du gouvernement peut se créer un îlot managérial dans un océan d’imprévision et d’inertie. La politique qu’applique le délégué se situe en droite ligne des options générales du gouvernement qui entraînent des passerelles : on ne peut pas casser des maisons sans avoir réfléchi à la manière de dédommager les victimes ; on ne peut pas détruire un marché sans chercher à le remplacer par un autre, mieux élaboré et répondant au souci de modernisation qui est le dada du délégué du gouvernement. Parce que la tâche du délégué ne se mesure pas seulement à son degré de répression, mais aussi à sa capacité de proposer à travers écoles, hôpitaux, centres de sport, gymnases, des espaces d’épanouissement à ses concitoyens.
Or, comment peut-on donc envisager toutes ces synergies si Tsimi Evouna évolue seul, sans tenir compte de la position du ministère du Développement urbain et de l’Habitat, ni celle du ministère des Domaines et des Affaires foncières et de plusieurs autres administrations ? Et comment, dans ces conditions, ne pas voir dans cette interdiction la main du pouvoir qui veut empêcher un débat citoyen sur ces questions aux conséquences concrètes sur la vie de tous les jours ?
C’est finalement le sous préfet qui va être embarrassé. Parce que si ce sont les délais qui n’ont pas été respectés, ce n’est donc que partie remise. Parce que, dès ce jour, une nouvelle demande pourra être déposée, pour programmer la conférence mercredi prochain. Et les fossoyeurs de la liberté d’expression et de pensée pourront alors se dévoiler.



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