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Pour sauver le Bts

by mboasawa
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L’édition du Bts 2010 a enregistré 11 000 postulants. Les candidats provenaient de 83 Instituts privés d’enseignement supérieur ‘(Ipes) agrées sur l’ensemble du territoire… –

 

L’édition du Bts 2010 a enregistré 11 000 postulants. Les candidats provenaient de 83 Instituts privés d’enseignement supérieur ‘(Ipes) agrées sur l’ensemble du territoire. Ces candidats ont été formés pendant 2 ans au sein de 26 filières. Au traditionnel Bts, se sont ajoutés depuis les 5 dernières années, des formations spécialisées dont les diplômes ciblés sont concourus dans la même période Les formations supérieures dites «courtes» sont dont très sollicitées à la fois par les parents et les jeunes qui, par ce choix, espèrent entrer rapidement dans le marché de l’emploi avec une formation professionnelle appropriée. Dans les milieux d’affaires, on a saisi cette demande, raison pour laquelle les promoteurs s’engouffrent dans la filière, offrant des produits de plus en plus flatteurs en termes de nouvelles filières et d’infrastructures.

La filière Bts engendre naturellement une fortune incontestable aux promoteurs appliqués qui ont choisi d’y investir à moyen et à long terme. Parce qu’il engendre des sommes considérables, il s’est installée une complicité incestueuse entre le ministère de l’Enseignement supérieur qui organise, gère et proclame les résultats de cet examen, et les promoteurs des Ipes qui ont la charge de la formation en amont. Cette complicité ne se déroule pas malheureusement au profit des étudiants qui sont supposés être le principal centre d’intérêt de tous les intervenants dans la filière. A titre d’illustration : comment comprendre que le Minesup autorise l’ouverture d’une filière de formation en journalisme sans s’assurer que là où cette formation sera dispensée, il y existe au moins 3 enseignants professionnels de niveau supérieur reconnu en presse écrite, en radio ou en Tv ? Comment comprendre que des enseignants « forment » de futurs journalistes, à terme sans qu’aucun étudiant ne se soit frotté à un logiciel graphique, à un moteur de recherches, à une caméra, à un micro, et encore moins à avoir à s’exercer en studio pour présenter un journal radio ou télé ? C’est pourtant des réalités que le Minesup refuse de voir ; ne voudrait-il pas perturber la quiétude de ses rapports avec les promoteurs ? Ceux-ci ne tiennent pas, on les comprend, à investir lourdement dans des équipements sophistiqués en vogue.

Cette complicité incestueuse se manifeste également au moment de sélectionner les épreuves de composition qui sanctionnent les années de formation pour l’obtention du diplôme d’Etat. Là aussi, le clientélisme est de mise : des sujets n’ayant aucun rapport avec des programmes élaborés en 2001 par le Minesup et soumis aux établissements pour application, sont curieusement retenus et soumis aux candidats. Dans une récente enquête menée auprès de quelques personnels de la Direction du développement de l’Enseignement supérieur, 95% des épreuves retenues pour les examens de fin de formation proviennent d’au plus 2 établissements sur les 83 officiellement reconnus par le Minesup !

Comment justifier cette «compétence» exclusive reconnue aux enseignants exclusifs de ces établissements ? A la commission en charge de trier et de faire expertiser des sujets d’examen, un cadre confie sous anonymat : «Le Ddes se passe d’une commission d’expertise ; il a ses «experts» à lui ; ceux-ci lui remettent directement des sujets qui nous sont ensuite imposés… »
Cette liste des problèmes qui ne sont pas de nature à instaurer la sérénité et la confiance dans la filière de Bts n’est pas exhaustive. Les écueils relevés ici sont déjà en eux suffisamment importants pour que chaque édition du Bts soulève de vagues. Depuis que les médias attirent l’attention des pouvoirs publics sur le fonctionnement des Ipes et l’organisation de l’examen du Bts, ils ne donnent pas le sentiment de vouloir que les choses s’améliorent. Au contraire, cette navigation en eaux troubles et tourmentées relèverait d’une organisation délibérément mise en place pour un dessein inavoué.

Il y a quelques années, l’organisation du Baccalauréat avait posé longuement des problèmes au ministère de l’Education nationale. La création de l’Office du Bac s’est avérée être une solution idoine pour atténuer considérablement les soucis des fonctionnaires de ce ministère. On déplore chaque année la moyenne en baisse constante du taux d’admis à cet examen. Cela n’est pas du fait de l’Office du Bac. On reconnait que cet organisme a maîtrisé l’organisation du Bac. Le Minesup qui est conscient de ses insuffisances quant à la capacité de ses fonctionnaires non préparés à gérer le Bts, s’y accroche pourtant bec et ongle, au point à immobiliser toute une direction stratégique pour ne plus exister qu’en fonction de cet examen.
Un cadre de la Ddes ironise : «Lequel de vous ne serait pas content de gérer près d’un milliard de francs du Bts chaque année ?» Pour railler les cupides, on a coutume de dire que «la chèvre broute là où elle est attachée…mais c’est également dans ce vert pâturage qu’un serpent en vient à la mordre mortellement» Cette boutade a valeur de leçon.

De Xavier Messè

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