Cette île, située à 7km de la capitale, peut être considérée comme un quartier périphérique.
«Ce trajet se fait régulièrement. Les étudiants camerounais se sont retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment. L’océan était furieux. » A Conakry, plusieurs voix s’élèvent pour dire combien la malchance s’est mêlée de l’aventure brutalement achevée le 15 mars dernier. Dans le cadre de son programme de travail dans la capitale guinéenne, la délégation camerounaise s’est rendue au débarcadère de Boulbinet, d’où l’ensemble des îles de Loos, intégrant celle de Room, est parfaitement visible. Se découpant sur la ligne de l’horizon, ces parties de terre entourée d’eau semblent dégager une attraction à laquelle les amateurs d’excursion ne seraient pas insensibles. « C’est un lieu de villégiature. Les gens y vont souvent », confiera un journaliste guinéen à CT.
Sur le lieu d’embarquement que les étudiants camerounais ont donc arpenté il y a une dizaine de jours, des dizaines de pirogues de différentes tailles sont amarrées, frémissant de temps à autre sous la pression des vaguelettes. L’endroit grouille d’une vie certaine et d’une certaine activité. Quelques enfants jouent au football sur un terrain aménagé en bordure de mer. Sur le ponton, des gens vont et viennent. Qui sait combien d’esprits le souvenir des disparus hante, à cette heure où la mer paraît inoffensive ? Le Pr. Jacques Fame Ndongo suit les explications de son collègue guinéen : un peu de toponymie et de topographie concernant l’ensemble d’îles si proches en apparence. Evidemment, les échanges vont revenir sur le drame. Le trajet n’est pas long. Ils étaient presque arrivés à destination. Et puis tout est tombé à l’eau.
AN
